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Côte d'Ivoire : un Musée des cultures contemporaines

La Première Dame Dominique Ouattara a procédé à l’inauguration du Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara, le mercredi 11 mars 2020 dans la commune d’Abobo. Premier édifice spécialement dédié à la culture contemporaine en Côte d’Ivoire, ce musée a ouvert ses portes avec le vernissage de l’exposition panafricaine itinérante « prête-moi ton rêve » initiée par la Fondation pour le Développement de la Culture Contemporaine Africaine.

 

Une double cérémonie qui a réuni du beau monde dans l’enceinte du musée bâti sur une superficie de 3.500 mètres carrés en face de la mairie d’Abobo, avec une architecture modernes. Initiative de M. Adama Toungara, Grand Médiateur de la République mais aussi, l’un des plus grands collectionneurs d’art du pays, ce musée a été conçu et réalisé pour accueillir et promouvoir des collections et des expositions. Il a été conçu par l’architecte international Issa Diabaté. Profitant d’ailleurs du cadre de cette cérémonie, M. Maurice Kouakou Bandaman, Ministre de la Culture et de la Francophonie a élevé M. Adama Toungara au rang de commandeur dans l’ordre du mérite culturel pour sa contribution à la promotion de la culture et de l’art en Côte d’Ivoire.

La cérémonie d’inauguration et de vernissage a enregistré la présence de Madame Clarisse Duncan, épouse du Vice-Président de la République ; Madame Assetou Gon Coulibaly, épouse du Premier Ministre ; de plusieurs personnalités du Gouvernement ; des diplomates ; des acteurs du monde de de l’art et de bien d’autres personnalités. Madame Dominique Ouattara, marraine de l’évènement a salué l’initiative de M. Adama Toungara. «(..) Je salue cette belle initiative de mon cher frère Adama Toungara, et je le félicite pour avoir conçu et réalisé ce magnifique musée », a-t-elle félicité. Pour Madame Dominique Ouattara, ce musée favorisera un accès plus facile aux populations de la commune d’Abobo à la culture. « (…) Situé au cœur d’Abobo, l’une des communes les plus peuplée du District d’Abidjan, ce musée offre ainsi un large accès aux populations, à la culture en général et plus spécialement à la culture contemporaine.

Quand l’on connait la richesse et la diversité de l’art contemporain dans le monde et en Afrique, l’on comprend aisément le bien-fondé de ce musée. C’est pourquoi, une large part y sera faite aux œuvres modernes et traditionnelles de Côte d’Ivoire », a expliqué Madame Dominique Ouattara. La Première Dame s’est aussi réjouie que le musée ouvre ses portes avec le vernissage de l’exposition panafricaine itinérante « prête-moi ton rêve ». « Inaugurée au Maroc, cette magnifique exposition, fruit de la collaboration sud-sud a déjà fait escale au Sénégal et séjournera trois mois dans notre musée d’Abobo », a-t-elle révélé. Avant d’inviter les populations à fréquenter le musée et à initier leurs enfants à la visite des musées dans le but de mieux connaître leur passé et mieux appréhender leur futur. M. Maurice Kouakou Bandaman, Ministre de la Culture et de la Francophone a laissé éclater sa joie face à temple dédié à la culture contemporaine. Il a tenu à remercier M. Adama Toungara pour cette belle initiative qui selon lui permettra de détecter les talents artistiques des jeunes d’Abobo. Dans une envolée lyrique, il a retracé les doutes et les espoirs de l’initiateur de ce projet.

Madame Bintou Camara Toungara, Administratrice du Musée et fils de M. Adama Toungara a au nom de son père tenu à remercier la Première Dame et les invités à cette cérémonie. Elle a révélé l’importance de la concrétisation de ce projet pour son père. Pour elle, ce musée est la réalisation d’un rêve de famille. Poursuivant, elle a révélé l’objectif fondamental de la création de ce musée en plein centre de la commune populaire d’Abobo. Elle a indiqué que la culture est un facteur de reconstruction d’une nation. Aussi, selon cette dernière, la commune d’Abobo regorge d’innombrables talents artistiques que ce musée permettra d’éclore. M. Yacouba Konaté, commissaire de l’exposition, a expliqué l’importance de la culture contemporaine pour l’homme. Vecteur de beau et de rêve, la culture transcende non seulement les frontières, mais aussi, révèle l’humain en chacun des hommes. M. Fihr Kettani, Secrétaire Général de la Fondation pour le Développement de la Culture Contemporaine Africaine a rappelé que l’exposition itinérante « prête-moi ton rêve » est une vitrine de la culture et de l’art africain. Signalons que le Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara est composé d’une grande salle d’exposition de 400 mètres carrées, d’une petite salle d’exposition de 120 mètres carrés, d’un espace aménagé pour les spectacles vivants, d’une boutique et d’un espace récréatif, d’une médiathèque et d’une bibliothèque, d’une salle de réserve et de conservation, d’une salle d’archives, de bureaux administratifs et d’ateliers, d’un parking interne et d’un parking externe. M. Koné Siaka, troisième adjoint au maire d’Abobo a tenu à remercier quant à lui, la Première Dame pour sa constante sollicitude à l’endroit des populations d’Abobo.

 

Source : Koaci.com

Le Musée des Civilisations Noires à Dakar (Sénégal)

LE MCN POUR ECRIRE L’AVENIR DU MONDE

Le 6 décembre 2018, le Musée des civilisations noires (MCN) a (enfin) été inauguré par le président Macky Sall. Pour son ouverture, le nouveau musée a accueilli sa première exposition temporaire.

Dakar tient enfin son musée ! Sept ans après la pose de la première pierre, le Musée des civilisations noires (MCN) ouvre ses portes dans un contexte marqué par la question du retour des œuvres d’art autrefois pillées en Afrique. Pour sa grande première, le musée propose sur ses 14 000 mètres carrés, un voyage à travers plusieurs siècles d’histoire. Quoique le musée soit résolument tourné vers l’avenir. Derrière les grilles qui ceinturent ce haut lieu de l’art, une esplanade bien dégagée accueille le visiteur. A droite, un petit jardin séparant le parking à l’édifice, sert de cadre de reconstitution des cercles mégalithiques de Sine Ngayène dans le Saloum. Belle entrée pour découvrir un musée sur lequel scintillent encore quelques timides rayons de soleil en cet après-midi de décembre. Devant nous, et à nos pieds, l’infrastructure en impose. Perchée sur six colonnes géantes, le Musée des civilisations noires étale toute sa beauté et sa grandeur. A l’intérieur, le spectacle est tout aussi saisissant. Passés les portiques de sécurité, un vaste hall introduit le visiteur à la première exposition temporaire dont certaines installations ne sont toujours pas achevées. A l’entrée, deux statues drapées de cauris donnent le frisson. Elles ouvrent le parcours chronologique intitulé « Civilisations africaines : création continue de l'humanité ». Autour d’une sculpture grandeur-nature en forme de baobab (12 mètres et 22 tonnes) réalisée par l’artiste haïtien Edouard Duval, des objets et des outils découverts il y a plusieurs millions d’années au Tchad ou en Éthiopie, témoignent de la contribution de l’Afrique au patrimoine culturel et scientifique du monde. En d’autres termes, ce parcours revisite l’histoire avec pour finalité de démontrer ô combien l’Afrique a créé et a compté dans le patrimoine universel. Ici, chaque objet ou groupe d’objets peut donner idée à des expositions ou des thématiques à débattre. Le temps d’un répit pour digérer tout cela, des curieux se prennent en selfies devant les portraits de combattants de la cause du peuple noir. Les portraits de Sankara, Dubois, Garvey, Nkrumah, Mandela ou encore Obama, bordent un des couloirs lumineux de ce rez-de-chaussée et rappellent sans doute que ce musée est -avant toute chose-, le prolongement d’un combat enclenché depuis longtemps pour réhabiliter l’homme noir. Sur les deux autres niveaux de l’infrastructure, de grands noms des arts plastiques sénégalais, voire africains, y exposent. Des chefs d’œuvre de maîtres comme Ndary Lô, Soly Cissé, Viyé Diba ou encore Abdoulaye Konaté y rivalisent de génie et de beauté. Dans une des salles d’exposition qui retiennent le plus l’attention des visiteurs, les commissaires y présentent « l’appropriation des religions révélées » en particulier l’islam et le christianisme. Dans cet espace, les images de la visite du Pape Jean Paull II au Sénégal en 1992 côtoient des écritures coraniques ou encore le sabre d’El Hadj Omar, grande attraction de cette première au Musée des civilisations noires. C’est sans doute le propre et le génie de ce musée : faire dialoguer et faire se rencontrer des éléments à priori dissemblables. «Le sabre d’El Hadj Omar aux côtés de statuettes alors que son épée a servi à les détruire. Il n’y a qu’un musée pour réconcilier deux éléments aussi contradictoires», relève l’historien Abderrahmane Ngaidé. Plus qu’un espace de réconciliation, de dialogue et de projection vers l’avenir, le Musée des civilisations noires -comme beaucoup pourraient s’y méprendre- est loin d’être un lieu figé dans le passé. Son directeur Hamady Bocoum l’a d’ailleurs réitéré plusieurs fois : « on refuse d'être le musée de la nostalgie ». D’autres voix, un peu plus catégoriques iront même jusqu’à clamer que le musée n’appartient pas aux vieux mais plutôt aux jeunes. « Ce musée-là s’adresse particulièrement aux jeunes qui doivent se l’approprier. Dans vingt ans, quand toutes ces personnes âgées (qui ont connu l’histoire de ce musée avec Senghor ndlr) ne seront plus là, ce sera aux jeunes de le faire vivre », défend une dame venue prendre part à la mise en place d’une association des « Amis du MCN ». Pour le moins inédit en Afrique de l’Ouest, l’infrastructure se veut en effet un lieu résolument contemporain et tourné vers l’avenir.

P. A. Touré