La foire d’art contemporain africain s’ouvre à Marrakech

Avant les événements de New York (mai) et Londres (octobre), la foire d’art contemporain africain créée par la Marocaine Touria El Glaoui fait escale pour la troisième année consécutive à Marrakech, le temps d’un week-end dans le très luxueux palace de La Mamounia.

 

Et de trois ! Pour la troisième fois consécutive, la foire d’art contemporain africain 1-54 fait halte au Maroc, terre natale de sa créatrice, Touria El Glaoui. Et pas n’importe où : dans le cadre luxueux de l’hôtel La Mamounia, les 22 et 23 février, où seront rassemblés 20 galeries d’Afrique et d’Europe représentant 70 artistes reconnus ou émergents. Pour 1-54, c’est le premier événement d’une année qui en compte trois, les deux autres ayant lieu aux États-Unis (The Caldwell Factory, Chelsea) en mai et au Royaume-Uni (Somerset House, Londres) en octobre. Si l’étape marrakchie n’est pas la plus importante au regard du nombre de galeries participantes, c’est un événement attendu par le monde de l’art de la ville marocaine.

De nombreux partenariats

Les partenariats tissés par 1-54 offrent en effet à plusieurs institutions locales l’occasion de bénéficier d’une attention internationale. Cette année ne dérogera pas à la règle puisque le Musée Yves-Saint-Laurent, le Macaal, l’Institut français, DaDa, Le 18, Montresso* Art Foundation et Comptoir des Mines Galerie proposent au même moment des projets partenaires. Ainsi, à titre d’exemple, Comptoir des mines Galerie présente Ressala, une exposition de l’artiste marocain Mohamed Arejdal, tandis que le Macaal (Musée d’art contemporain Al Maaden) explore « la politique de l’espace et du lieu » avec « Have you seen a horizon lately ? », rassemblant des œuvres de différents artistes tels Yoko Ono (États-Unis), Kapwani Kiwanga (France-Canada), Rahima Gambo (Nigéria) ou Amina Benbouchta (Maroc). A la fondation Montresso*, cinq artistes originaires du Congo présenteront leur travail sous le label In-discipline, qui avait déjà permis à des plasticiens béninois et ivoiriens de s’exprimer lors des éditions précédentes.

Programmation riche

Outre ces projets partenaires, 1-54 a dores et déjà annoncé un vaste programme de conférences autour du sujet « Communal Knowledge at Large » et le lancement d’une application dédiée, gratuite, permettant aux visiteurs de s’orienter à travers la foire. Mais l’annonce principale de cette édition concerne une nouvelle collaboration avec la fondation Thami Mnyele d’Amsterdam. Nommée ainsi en mémoire de l’artiste sud-africain combattant de la liberté, assassiné en 1985 au Botswana, la fondation hollandaise sélectionnera un plasticien de la foire et lui offrira une résidence de travail de trois mois à Amsterdam.

 

Source : N. Michel pour RFI

TUTU, LA "MONA LISA AFRICAINE" VENDUE 1,4 MILLION D'EUROS

Nigeria: les prix s'envolent. Tel est le Focus du jour. Il y a eu Tutu, la "Mona Lisa africaine" vendue l'an dernier à 1,4 million d'euros. Puis mi-octobre, pour 1,3 million d'euros, Christine, autre portrait du célèbre peintre nigérian Ben Enwonwu: deux records pour le "père" du modernisme africain, à l'image d'un marché de l'art nigérian en pleine effervescence.

(Le chef-d'œuvre du peintre nigérian Ben Enwonwu, "Tutu", le 7 février 2018 à Londres, vendu 1,4 million d'euros par la maison d'enchères londonienne Bonhams-AFP) Il y a encore 10 ans, les grands artistes africains étaient quasiment absents des ventes aux enchères internationales. Le continent attire désormais les grands noms de l'art contemporain et moderne, puisque ce sont les maisons londoniennes Bonhams et Sotheby's qui ont vendu les deux chefs-d'oeuvre d'Enwonwu, décédé en 1994 et dont la cote de cesse de grimper. "L'Afrique est l'un des marchés les plus dynamiques au monde aujourd'hui, et le Nigeria partage la première place du podium avec l'Afrique du Sud", affirme à l'AFP Giles Peppiatt, directeur de l'art africain chez Bonhams, la première en Europe à avoir parié sur le continent dès 2007, avec la grande vente "Africa Now". Dans la vibrante mégapole de Lagos, avec ses 20 millions d'habitants, la saison culturelle culmine ce week-end avec la foire internationale "ART X", qui s'est imposée depuis trois ans comme un rendez-vous incontournable, une grand-messe de l'art moderne et contemporain avec un objectif business assumé. La fameuse (et onéreuse) Tutu, "perdue" depuis près de 40 ans et retrouvée en 2018, presque par hasard, dans un appartement de Londres, était justement la "surprise" de la dernière édition qui a attiré plusieurs milliers de personnes. Devant la peinture de la mystérieuse princesse yorouba, on croisait aussi bien des actrices de Nollywood que des chefs traditionnels, des collectionneurs fortunés et des artistes. En fin d'année, la capitale économique devient celle du glamour et des arts - de l'argent aussi. On s'y presse d'une exposition à l'autre, d'ART X à la biennale d'art contemporain, en passant par la Lagos Fashion Week et le festival LagosPhoto, qui ont tous lieu à la même période, en octobre-novembre. Autre signe de cet engouement général, de nouvelles galeries comme Art Twenty One y ont ouvert leurs portes ces dernières années. Et la maison d'enchères Art House Contemporary Limited, au chiffre d'affaire certes plus modeste que celui des maisons européennes, présente régulièrement les artistes locaux les plus en vogue: Enwonwu, Yusuf Grillo, El Anatsui ou encore Peju Alatise.

Collectionneurs ou investisseurs ?

Cette année, une vingtaine de galeries et plus de 90 artistes seront représentés à ART X. Des représentants de la Tate Modern (Londres) et du Smithsonian (Washington) sont attendus. C'est l'artiste Emeka Ogboh, basé entre Berlin et Lagos, invité à la dernière Fiac (Foire internationale d'art contemporain) à Paris, qui a préparé l'univers sonore de cette quatrième édition. Si l'appétit pour l'art contemporain africain ne cesse de grandir, en dehors des quelques pépites qui dépassent le million de dollars, la majorité des oeuvres se vendent encore à des prix "raisonnables" en comparaison avec le reste du monde: "entre 10.000 et 60.000 dollars", précise Giles Peppiatt. Pour cet expert qui voyage régulièrement au Nigeria, "les évènements comme ART X changent la donne, ils mettent les projecteurs sur Lagos et attirent beaucoup de collectionneurs avides de découvrir de nouvelles oeuvres. C'est une période très excitante". Le géant pétrolier ouest-africain est un des pays qui comptent le plus milliardaires au monde et une classe moyenne qui se développe rapidement. Riches banquiers et industriels nigérians sont aujourd'hui les principaux acheteurs d'art contemporain. Comme les plus grosses enchères ont lieu en Europe, où le marché est mieux structuré, avec moins de chances de tomber sur des faux, ils prennent l'avion pour acheter des oeuvres à Londres ou New York et les ramener en Afrique, s'amuse Jess Castellote, directeur du Yemisi Shyllon Museum of Art, un musée privé qui va ouvrir ses portes l'an prochain en banlieue de Lagos. "Il y a des collectionneurs passionnés qui veulent se reconnecter avec leur héritage, leur culture, mais on voit aussi de plus en plus d'investisseurs: certains Nigérians qui mettaient 250.000 livres dans une montre de luxe ou une voiture préfèrent aujourd'hui investir dans une toile ou une sculpture", dit-il. Au Nigeria comme en Afrique du Sud, des fonds d'investissements dotés de plusieurs millions de dollars ont ainsi vu le jour, pour acquérir des œuvres et les revendre le plus cher possible.

Source : Tendanceouest.com

ARTS CONTEMPORAINS : LE « REVE » A DAKAR 

La  caravane culturelle de l’art africain contemporain ‘’Prête-moi ton rêve’’  se poursuit. Le prochain arrêt devra se faire à Dakar, la capitale sénégalaise  en  septembre -octobre 2019, musée des civilisations noires.

Déjà le 18 juin 2019, la fondation pour le développement de la culture contemporaine africaine (FDCCA) a organisé à Casablanca au Maroc,  ‘’prête-moi ton rêve’’, une exposition qui a réuni une trentaine d’artistes africains de différentes nationalités et de renommée internationale. Cette caravane itinérante a débuté à Casablanca avec l’inauguration des expositions en présence des artistes et des invités. L’exposition collective va durer douze mois et va faire escale dans plusieurs pays Africains notamment la Côte d’Ivoire en novembre 2019, le Nigeria en janvier 2020, l’Éthiopie en mars 2020, l’Afrique du sud en mai 2020 et le Maroc en juin 2020. Cette exposition va  présenter des œuvres majeures d’artistes africains de stature internationale, généralement plus connus à Paris,  Londres ou New York que dans leur propre pays. ‘’Prête-moi ton rêve’’ est une exposition panafricaine qui invite le grand public à découvrir des pièces inédites réalisées lors de résidences artistiques ainsi que d’autres œuvres prêtées par les artistes ou les galeries.

Africardv

 

L’Art contemporain d’Afrique depuis Douala

Une exposition prévue du 31 mai au 2 juin, veut « que l’art dit africain, ne soit plus uniquement évalué et perçu à l’étranger, mais que même localement, on puisse le défendre », explique la promotrice de cet évènement, Diane Audrey Ngako

La ville de Douala sera du 31 mai au 02 juin prochain, le lieu de rencontre des artistes d’Art contemporain de la sous-région Afrique Centrale, et du monde. Ils viendront du Congo Brazzaville, du Tchad, de la République démocratique du Congo, de Sao Tomé et Principe, de la Guinée, et naturellement du Cameroun pour présenter au public leurs chefs-d’œuvre artistiques. Cette exposition est une initiative de Douala Art Fair, une Foire d’Art contemporain et de design dont le but est de donner de la visibilité aux artistes africains. « Douala Art Fair, est une Foire d’Art contemporain qui met en avant les artistes camerounais et de la sous-région Afrique centrale. Cette année, nous aurions plus de quarante artistes. Le but est de créer une nouvelle génération d’acheteur camerounais, leurs donner envie de consommer l’art de chez nous, afin que l’art dit africain, ne soit plus uniquement évalué et perçu à l’étranger, mais que même localement, on puisse le défendre », explique la promotrice de cet évènement, Diane Audrey Ngako. Cette 2e édition a été placé sous le thème « Flying over central africa », parce que la plateforme est spécialement ouverte cette année, aux artistes de l’Afrique Centrale, ce qui n’était pas le cas lors de la première édition en 2018. « Le Cameroun et ses 24 millions d’habitants ne compte qu’une seule galerie et quelques centres d’art. Il était donc évident de transformer ce qui semblait être un problème en une opportunité. Les artistes d’Afrique centrale qui exposeront cette année attireront des galeries du monde entier qui viendront voir leur travail et les exposeront à Douala Art Fair ou aux quatre coins du monde », relève Viviane Maghela, la directrice artistique.

Une foire singulière

Contrairement au modèle classique consistant à réunir des galeries qui exposent leurs artistes, Douala Art Fair est une foire d’art contemporain singulière qui a fait le choix d’exposer directement les artistes sélectionnés par un comité de sélection. A cet effet, un concours a été organisé et une quarantaine d’artistes camerounais, tchadiens, congolais, entre autres, ont été retenus en fonction de la pertinence de leurs œuvres. Ces débutants seront accompagnés par des artistes de renom invités, à l’instar du Camerounais Barthélémy Toguo. « Au Cameroun il y a de très belle production. Les plus grands artistes du continent aujourd’hui sont Camerounais. Notamment Pascale Marthine Tayou, Barthélémy Toguo, Jean David Nkot, et autres. Tous ces artistes ont leur place sur la scène nationale comme internationale. Je suis une collectionneuse, et je collectionne majoritairement camerounais », souligne Diane Audrey Ngako. Les meilleurs créateurs recevront entre autres, le prix Goddy Leye, en hommage à l’artiste Goddy Leye pour l’ensemble de son œuvre, Le prix Voodart, offert par cette galerie et le Prix Douala Art Fair de reconnaissance en arts visuels, attribué en couronnement de la carrière d’un artiste s’étant distingué pour l’excellence, l’originalité et la qualité remarquable de ses œuvres. Pour cette édition le Prix Douala Art Fair de reconnaissance en arts visuels, est dédié spécialement aux artistes de l’Afrique Centrale et est accompagné d’une bourse.

 

(Marie MGUE dans ACP)

 

1ère édition de l'exposition "100 DA