Galerie Cécile Fakhoury. Au programme des mois à venir : I have this memory, it is not my own, une exposition collective réunissant cinq jeunes artistes femmes à Dakar (Mariam Abouzid Souali, Jess Atieno, Binta Diaw, Adji Dieye et Rahima Gambo) et deux expositions personnelles à Abidjan : Comme la jungle, la mer de l’artiste sénégalais Kassou Seydou et Un est multiple, première exposition personnelle de l’artiste guadeloupéen Elladj Lincy Deloumeaux.

Dakar

I have this memory. It is not my own – exposition collective dans le cadre de Partcours 4 décembre 2020 – 19 février 2021 Journée inaugurale : le vendredi 4 décembre de 10h à 20h.

Exposition collective avec les jeunes artistes femmes Mariam Abouzid Souali, Jess Atieno, Binta Diaw, Adji Dieye et Rahima Gambo. À travers un ensemble de pratiques aussi variées que l’installation, la vidéo, la tapisserie et la peinture, l’exposition propose d’interroger nos existences contemporaines par le biais des « architectures » qui les composent.

L’architecture, comme principe d’organisation d’un ensemble et structuration d’un espace, est ici abordée par une jeune génération d’artistes femmes issues du continent et de sa diaspora dans la pluralité de ses sens.

L’exposition s’inscrit dans le cadre de la neuvième édition du Partcours à Dakar au Sénégal dont l’objectif est de faire connaître les quartiers de la ville et sa banlieue à travers les lieux d’art qui l’animent. Avec cette exposition, la galerie renforce la visibilité données aux artistes femmes, l’ouverture aux artistes anglophones et poursuit son travail de recherche prospective de la nouvelle génération d’artistes.

Abidjan

Kassou Seydou – Comme la jungle, la mer (galerie) 12 décembre 2020 – 6 mars 2021 Inauguration le jeudi 10 décembre de 18h à 21h

De Dakar à Abidjan, l’artiste sénégalais Kassou Seydou nous entraîne dans une odyssée plastique et poétique autour du voyage. Le 26 septembre 2002, le navire le Joola - qui fait la liaison entre le port de Zinguinchor en Casamance au Sénégal, terre d’origine de Kassou Seydou, et celui de Dakar - fait naufrage.

Du drame humain, qui marque encore aujourd’hui les consciences de plusieurs générations de Sénégalais, une question demeure : qu’est ce qui nous pousse encore et toujours au voyage?

Du voyage choisi allègrement au voyage que l’on s’impose ou qui nous est imposé, Kassou Seydou met en scène dans des fresques imposantes les méandres de traversées tant spirituelles que physiques.

Toujours sensible aux sujets de société qui touchent son pays et l’ensemble du monde, Kassou Seydou nous invite à remettre en question notre prisme de perceptions et à embrasser, dans un geste généreux et humain, les rapports complexes entre construction de l’identité et altérité. 

Elladj Lincy Deloumeaux - Un est mutliple (Project space)

12 décembre 2020 – 6 mars 2021 Inauguration le jeudi 10 décembre de 18h à 21h

Né en 1995 aux Antilles sur l’île de la Guadeloupe, Elladj Lincy Deloumeaux vit et travaille aujourd'hui à Paris.

D’une oeuvre à l’autre, Elladj Lincy Deloumeaux nous plonge dans un récit pictural où s’entremêlent les anecdotes d’une histoire personnelle et les chroniques d’un monde pluriel. Un est multiple nous renvoie aux cosmogonies africaines qui peuplent la vie de l’artiste comme ses toiles. Le mélange constant des références, la superposition des temporalités, les symboles présents dans chaque oeuvre, tout nous entraine dans une expérience sensorielle dont les racines guadeloupéennes ancestrales irradient jusqu’à une Afrique contemporaine et inversement.

Avec cette première exposition personnelle du jeune artiste Ellaj Lincy Delourmeaux, la Galerie Cécile Fakhoury poursuit un travail ambitieux de promotion et de soutien de la scène contemporaine africaine. En mars 2020, à Abidjan en Côte d’Ivoire, la Galerie Cécile Fakhoury a ouvert le Project Space, un espace d’exposition situé en face de la galerie principale et dédié à la jeune création ainsi qu’aux projets spéciaux.

“VISA FOR MUSIC” VERSION DÉ-CONFINEMENT AU MAROC

Le festival Visa for Music commence aujourd’hui son édition digitale «déconfinée». Certes, les concerts en live manqueront cette année au public, mais il a droit à des capsules vidéo enregistrées par 17 groupes marocains et résidents au Maroc. «Visa For Music souhaite continuer à participer à la structuration et la professionnalisation de la filière musicale, au développement des industries culturelles et créatives, et à la création de valeur pour les artistes, en organisant une édition adaptée au contexte actuel et maintenue dans la résilience, «l’édition déconfinée», dans le strict respect des mesures de prévention.

Suite à l’appel à candidature lancé en février dernier, les artistes nationaux sélectionnés ont été pris en charge à Rabat pour bénéficier d’un enregistrement de capsules vidéo réalisées par «Visa For Music», explique un communiqué du festival qui se poursuit jusqu’au 21 novembre. Cinq personnalités de la culture et du monde de la musique ont sélectionné les artistes qui se produiront en showcases. Dans le cadre de son forum, Visa For Music propose au débat quatre thématiques sur le rôle et le poids économique et social des industries culturelles et créatives en Afrique. Une transmission digitale des conférences est assurée afin de permettre aux intervenants internationaux d’y participer. «Ces rencontres viseront à valoriser les opérateurs culturels du continent, se saisir des questions de la jeunesse et aussi encourager les entreprises locales à soutenir les Industries culturelles et créatives», soulignent les organisateurs de Visa For Music. La première thématique du forum se focalisera sur «La musique actuelle vs le digital : le virtuel pourrait-il faire oublier l’émotion du live ?» Les participants détailleront comment la scène urbaine tire profit de la transition digitale dans le secteur musical. Le deuxième débat concernera «La création, l’entrepreneuriat et le management culturel au féminin». Les deux autres thématiques proposées par Visa For Music sont axées sur la création artistiques en temps de la pandémie Covid-19. Les débats se tiendront sous les thèmes «La culture vivante malgré la pandémie : les artistes et acteurs culturels en résilience» et «Les industries créatives en Afrique en temps de crise sanitaire : perspectives et recommandations».

Visa For Music est organisé par la structure culturelle Anya en partenariat avec Atlas Azawan et la Fondation Hiba. Membres du Jury 2020 • Lama Hazboun – Jordanie : fondatrice et directrice du Festival de jazz de Amman, et cofondatrice et directrice générale d’OrangeRed. • Pierre Claver Mabialia - Congo Brazzaville : comédien, metteur en scène, opérateur culturel, formateur des administrateurs et managers culturels, basé à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville. • Shiraz M’rad – Tunisie : journaliste, fondatrice du site jomhouria.com et de la société Médias plus. Membre dans plusieurs jurys tels que les Journées musicales de Carthage. •Melody Zambuko – Zimbabwe : directrice du Music Crossroads Zimbabwe ainsi que consultante avec plusieurs années d’expérience dans la programmation artistique pour les festivals, comme HIFA (Harare International Festival of the Arts 2007-2014). • Othman Nejmmeddine - Maroc : ancien directeur à la Fondation Ali Zaoua du Centre culturel Les Étoiles du Souss, directeur de l’Organisation africaine de l’industrie de la musique (Afromi) et conseiller artistique et ancien directeur de production du Festival/Salon Visa For Music.

 

Programme des débats en langue française

• Mercredi 18 novembre 15 h – 16 h 30 : «La musique actuelle vs. le digital : le virtuel pourrait-il faire oublier l’émotion du live ?»

 

Intervenants : Kane Limam - Festival Assalamalekoum • José Da Silva - Sony Music Côte d’Ivoire • Amadou Fall Ba - Association Africulturban • Abdeslam Alaoui - MOGA Festival • Hakim Erajai - Manager d’artistes urbains • Mehdi Ouhaddi - Festival Hip-Hop • Jeudi 19 novembre 15h – 16 h 30 : «La création, l’entreprenariat et le management culturel au féminin.» Intervenantes : • Sonia Noor - Chanteuse • Yousra Mansour - Chanteuse • Nathalie Mefe - Salon Escale Bantoo • Amani Samaan - Festival Beirut & Beyond • Naneth Nkoghe - Chanteuse • Vendredi 20 novembre 15 h – 16 h 30 : «La culture vivante malgré la pandémie : les artistes et acteurs culturels en résilience.»

 

Intervenants : •Alif Naaba - Rencontres musicales africaines •Tony Mefe - Salon Escale Bantoo • Ghita Khaldi - Association Afrikayna • Yannick Drick - Salon Chad Music Expo •Imed Alibi - Journées musicales de Carthage • Samedi 21 novembre 15 h – 16 h 30 : «Les industries créatives en Afrique en temps de crise sanitaire : perspectives et recommandations.» Intervenants : • Pierre Claver Mabiala - Arterial Network • Yacouba Konate - MASA d’Abidjan • Alain Bidjeck - MOCA • Oumy Régina Sambou - Africulturelle

 

Source : Lematin.ma/journal

20 ans : Ruée sur l’Art Contemporain

20 ans d’art contemporain Cette histoire implique une multitude de facteurs sociologiques, géopolitiques et historiques, qui ont tous participé à l’essor de l’Art Contemporain sur le Marché de l’Art mondial. Marginal jusqu’à la fin des années 90, l’Art Contemporain pèse désormais 15% des ventes aux enchères de Fine Art, dont il est devenu le moteur avec une croissance de +2.100% en 20 ans.

 

Cette extraordinaire progression est portée par les passions que suscite l’Art Contemporain, mais elle repose aussi sur la confiance que celui-ci a su gagner. Désormais, les collectionneurs ne préfèrent plus nécessairement un artiste mort, mais ils se laissent convaincre par de nouvelles techniques, de nouvelles formes d’art, de nouvelles influences. Aujourd’hui, en temps de crise, le Marché de l’Art Contemporain ne s’arrête plus. Il est au contraire le segment qui s’adapte le plus rapidement aux changements et celui qui se prête le mieux aux ventes en ligne. Comment certains artistes vivants se sont-ils élevés au rang de véritables icônes, pendant que le nombre d’artistes contemporains vendus aux enchères a été multiplié par cinq et que de nouvelles places de marché ont éclos aux quatre coins du monde? Si certains prix ont progressé extrêmement vite, si vite que le MoMA n’a pas pu acquérir une toile de Jean-Michel Basquiat, un nouveau marché d’oeuvres abordables a été créé, avec des estampes, des multiples et des produits dérivés qui circulent abondamment. S’inspirant du Pop Art, l’Art Contemporain continue de se démocratiser, pour renouer la discussion avec un public beaucoup plus large. Le Street Art symbolise ce rapprochement: les pochoirs de Banksy sont connus du monde entier. La reconnaissance des artistes femmes, parmi les plus jeunes générations, est une révolution certainement plus importante encore, à laquelle s’ajoute le nouveau succès des artistes africains et issus de la diaspora. En somme, c’est une très longue et très profonde transformation que le Marché de l’Art Contemporain a traversé en 20 ans. Artprice l’a suivie patiemment: sa montée en puissance exponentielle jusqu’en 2008, jusqu’à la vente insolente de Damien Hirst chez Sotheby’s au lendemain de la faillite de Lehman Brothers; puis l’arrivée de la Chine et le pic atteint en 2014; jusqu’au mois de mars 2020, où le rythme du Marché de l’Art a subitement été cassé par une crise sanitaire sans précédent. C’est une période idéale pour analyser les métamorphoses du Marché de l’Art Contemporain, la partie du Marché qui concentre les plus grands enjeux, avant que celui-ci ne reprenne tout à fait ses activités. Par Thierry Ehrmann, Président et fondateur d’Artprice (pour Artmarket.com) Ruée sur l’Art Contemporain Le Marché prend un nouveau virage au début du XXIème siècle avec l’afflux de nouveaux acheteurs millionnaires et l’arrivée de la Chine sur l’échiquier. Le Marché de l’Art contemporain n’est plus ce qu’il était il y a 20 ans. Il a profondément changé structurellement, avec de plus en plus d’artistes (de 5.400 artistes à près de 32.000 aujourd’hui), de plus en plus d’œuvres (on est passé de 12.000 lots offerts à 123.000). Il s’est étoffé et étendu géographiquement, passant de 39 à 64 pays actifs aux enchères. Il s’est accéléré, avec la fluidification des transactions à distance, pour finalement s’imposer comme le segment le plus dynamique et le plus profitable de l’ensemble du Marché de l’Art. En 20 ans, le nombre de maisons de ventes participant au Marché de l’Art contemporain a presque doublé, le nombre de sessions spécialisées a triplé, le nombre de lots vendus a été multiplié par six. Autrefois minoritaire, le segment contemporain pèse désormais 15% du Marché de l’Art global. Au seuil des 2Mrd$ de résultat – contre moins de 92 millions en 2000 – il surpasse la période des Maîtres Anciens et celle du XIXème siècle. Récemment, une œuvre de Basquiat a dépassé le résultat mondial de l’année 2000, en se vendant pour plus de 100m$, c’est dire combien l’échelle de valeur a évolué. Basquiat pourrait de nouveau passer ce palier de prix dans le futur, et il se peut qu’il ne soit pas le seul. D’ailleurs, une poignée de nos créateurs contemporains sont déjà consacrés comme des “valeurs” aussi importantes que les plus grands modernes, de Monet à Picasso.

En entrant dans le XXIème siècle, l’Art Contemporain est devenu le premier moteur de croissance du Marché de l’Art global.

 

Basquiat encadre les records de ces 20 dernières années. Il est l’auteur de la première œuvre contemporaine millionnaire (1998) comme du dernier record mondial (2017). Entre temps, les prix n’ont cessé d’être tirés vers le haut: son record est passé de 1,7m$ à plus de 110m$. Il a donc été multiplié par 65 en 20 ans. Sur cette même période, le prix moyen d’une œuvre contemporaine a triplé (passant de 7.430$ à 25.140$), enregistrant la hausse la plus importante de l’ensemble du Marché de l’Art, toutes périodes de créations confondues. En entrant dans le XXIème siècle, l’Art Contemporain est ainsi devenu le premier moteur de croissance du Marché de l’Art global. Art contemporain 2000-2020: les chiffres à retenir o 6 fois plus d’artistes et 6 fois plus de lots. o Le produit des ventes a progressé de +2.100%. o Le record mondial d’adjudication est établi à 110m$ pour un Basquiat (2017). o 15% du Marché repose sur l’Art Contemporain, contre 3% il y a 20 ans. o La Chine et les Etats-Unis génèrent 68% du volume d’affaires mondial. o 22,7Mrd$ d’œuvres ont été échangés depuis 2000. o Plus de 60% du Marché repose sur la peinture.

 

Source : RAPPORT D’ARTPRICE 2020

Digital Africa : 130 millions d’£ pour les startups africaines

Digital Africa a récemment réussi à doubler les fonds que lui avait alloués le gouvernement français. Sa capacité de financement des startups africaines est ainsi passée de 65 millions d’euros à 130 millions d’euros. Cette augmentation a été décidée à l’issue d’une rencontre entre Kizito Okechukwu et différentes parties prenantes, à Paris.

 

Le vice-président du conseil d’administration et président par intérim de Digital Africa leur a présenté la nouvelle stratégie de l’organisation qu’il dirige. Au sein de la capitale française, il a pu s’entretenir avec le ministre français en charge des TIC et Remy Rioux, le président de l’Agence française de développement. Cette dernière est d’ailleurs à l’initiative de Digital Africa. Avec cette somme, elle va pouvoir mieux accomplir sa mission qui inclut le développement de compétences, les communautés du savoir, le financement de projets et d’entreprises (dette et fonds propres), l’émergence d’un environnement réglementaire propice à l’innovation en Afrique, l’assistance technique, ainsi que l’accès au marché pour les startups africaines à fort impact. « Digital Africa prévoit de lancer sa nouvelle stratégie vers la fin de l’année et travaillera en étroite collaboration avec divers partenaires clé de l’écosystème africain pour garantir que les start-ups ont la capacité de démarrer, de se développer et de devenir des marques mondiales à succès », a fait savoir Okechukwu.

 

Source : Afriqueitnews.com

PHOTO : « AFRICA 21E SIECLE », UN PANORAMA DU CONTINENT

Le commissaire d’exposition et journaliste britannique Ekow Eshun nous donne dans le beau livre « Africa 21e siècle » un captivant cours magistral sur l’Afrique contemporaine à travers 300 clichés de 51 photographes.

Le continent africain n’est pas seulement un espace physique traversé par mille frontières. Il est aussi un champ des possibles où se côtoient moult états d’esprit, identités, visions et interprétations. C’est à partir de ce constat qu’Ekow Eshun, commissaire d’exposition, auteur et journaliste britannique, réunit dans un beau livre, Africa 21ème siècle (Africa State of Mind dans la version originale publiée chez Thames & Hudson), 300 clichés pris par les objectifs, braqués sur le continent africain, d’une cinquantaine de photographes contemporains. Parmi eux, Leonce Raphael Agbodjélou, Namsa Leuba, Leila Alaoui,Omar Victor Diop, Nobukho Nqaba, Emeka Okereke, Musa N. Nxumalo, Hassan Hajjaj, Nontsikelelo Veleko ou Youssef Nabil. Leurs travaux, qui, pour la plupart, date de moins de dix ans, traduisent une cause commune : « la revendication d’une Afrique vue dans tous ses paradoxes, toutes ses promesses, son émerveillement quotidien », explique Eshun dans l’introduction de l’ouvrage. « L’Afrique se traduit en poésie plutôt qu’en prose », assène encore celui qui, en 2017, se penchait sur les sources et le devenir de l’art contemporain africain dans « Africa Modern : Creating the contemporary art of a continent » (KT Wong Foundation).

Obsessions africaines

Le collaborateur de la BBC, du Guardian ou du New York Times – et accessoirement frère de l’écrivain Kodwo Eshun – s’appuie, ici, surAfrotopia (Philippe Rey, 2016) dans lequel, écrit-il, l’économiste et écrivain sénégalais Felwine Sarr « aspire à une Afrique renouvelée, engendrée par les artistes, les penseurs et les acteurs culturels ; des créateurs et des créatrices dont le travail s’attache à exprimer l’expérience vécue aujourd’hui sur le continent dans toute sa complexité, en faisant preuve de nuance et en mobilisant les imaginaires. Il fait valoir que dans ce processus, l’Afrique est le lieu d’une profonde continuité entre le réel et le possible. » Plus qu’un répertoire où défilent les clichés, l’ouvrage – dont la première de couverture est illustrée par une œuvre de la photographe britannico-libérienne Lina Iris Viktor – est un passage en revue des obsessions africaines communes de ces différents artistes. Et cela, à travers une partition dont il convient de saluer la justesse. Dans « Villes hybrides », Bab El Oued et ses « Rochers carrés » (Kader Attia, 2008) côtoient Lagos, ville chaotique saisie par Andrew Esiebo (entre 2015 et 2019), ou l’architecture du patrimoine bâti d’Abidjan, Porto-Novo ou Bamako qu’a capturé François-Xavier Gbré au début des années 2010. « Zones de liberté » interroge genre et sexualité avec Jodi Bieber, Yagazie Emezi (« Consommation du modèle noir, 2018) mais aussi Phumzile Khanyile, dont l’éblouissante série d’autoportraits, « Couronnes en plastique » (2016), interroge ce qu’est être une femme en Afrique du Sud.

 

Source : K. D. Traoré (pour JA)

REMA AU FASO

OUAGADOUGOU : 3E RENCONTRES MUSICALES FIN OCTOBRE

La troisième édition des Rencontres musicales africaines (REMA), se tiendra à Ouagadougou du 22 au 24 octobre prochain, a annoncé ce samedi 26 septembre 2020, son initiateur, Mohamed Kaboré, connu sous le nom d’artiste, Alif Naaba, lors d’une conférence de presse.

Les REMA, initiés par la Cour du Naaba, sont un évènement culturel qui réunit trois jours durant dans la capitale burkinabè, des professionnels de la musique venant d’Afrique et d’ailleurs, pour échanger sur des thèmes liés à l’économie de la musique spécifiquement. Cet événement culturel vise à faire de la musique un véritable levier de développement au Burkina, selon Alif Naaba qui juge les bilans des deux éditions passées, « satisfaisant ». Pour cette édition qui se veut plus ouvert au grand public, les initiateurs, ont choisi le ministre de la Culture burkinabè, Abdoul Karim Sango, comme patron, et ses deux collègues, Harouna Kaboré du Commerce et Dr Béchir Ismaël Ouédraogo, comme les parrains. Pour le promoteur des REMA, ses choix se justifient par le fait que ces ministres sont en phase avec le thème de la troisième édition, car ils innovent dans leur domaine. Les REMA se veulent être un cadre de mise en place de réseau de professionnels de la filière musique africaine. Elles permettront aux éminants acteurs du domaine, de se rencontrer régulièrement autour des questions liées au développement du business de la musique, de découverte et de diffusion d’artistes émergents du continent, de même que le partage des bonnes pratiques autour du business. Cette année, les participants réfléchiront autour du thème : « Musique, digital et économies locales, comment développer des outils adaptés » ? Cet évènement d’envergure internationale « innovant et ambitieux à Ouagadougou », accueillira des acteurs de renom dont le leader du groupe ivoirien Traoré Salif dit A’Salfo qui va animer le keynote. « A’Salfo, c’est notre grande fierté » pour cette édition, a affirmé Alif Naaba. Les REMA visent à « faire de Ouagadougou, une sorte d’incubateur, un lieu où les professionnels se rencontrent pour réfléchir sur comment développer la filière musique », a-t-il renchéri, rappelant que durant les trois jours, il y aura des réflexions, des panels, des ateliers de formation, des Keynotes et des showcases. L’écosystème de la musique africaine s’est vu modifié ces dernières années avec le boom du digital qui a chamboulé les habitudes des acteurs de l’industrie de la musique qui doivent impérativement se former pour une meilleure adaptation. En effet, de nos jours en Afrique, « le phénomène de la digitalisation est un enjeu déterminant pour l’avenir des Industries culturelles et créatives (ICC) », a contextualisé l’initiateur des REMA qui se dit convaincu que la « mutation du digital engendrera des impacts positifs pour les ICC, particulièrement la musique ». De son avis sur la digitalisation au Burkina plus spécifiquement, Alif Naaba après un diagnostic résumera que les artistes « ont beaucoup à faire » pour mieux maîtriser le digital et booster le business. Et l’une des innovations de cette édition pour répondre à ce souci est l’appel fait aux jeunes développeurs d’applications de musique pour des solutions endogènes.

KEYNOTES ET DES SHOWCASES

La Cérémonie d’ouverture sera marquée par la prestation des musiciens que sont Ilboudo Mahamoudou, Nabaloum et Smarty, en plus des surprises qui attendent le public. Deux panels sur le thème central seront animés cette année à l’Institut français, le 23 octobre 2020 de 9 à 12H, et le 24 octobre de 9 à 13H au CENASA. Deux ateliers de formation auront lieu au Goethe Institut sur le thème : « Comment préparer une sortie digitale d’album ? Ça sera les 23 et 24 octobre de 15h à 17H. Cette année les REMA reviennent avec 10 showcases, a annoncé Alif Naaba. Il s’agit des Burkinabè, Achille Ouattara, Patrick Kabré, Fleur, Impro Dios, Kantala, Sydyr, du Camerounais Viviane Sadey, du Malien, Cheick Siriman Sissoko, du Togolais, Charl’Ozzo et du reggaemeker ivoirien, Spyrow. Ces artistes ont été sélectionnés parmis 52 candidatures venues d’un peu partout de l’Afrique, par rapport à leurs scènes car ils presteront en live pendant 40 minutes. Pour tous ceux qui veulent les accréditations pour la troisième édition des REMA, le comité d’organisation leur demande d’aller sur le site de l’évènement : www.rema-meeting.com pour s’inscrire. Alif Naaba a invité les acteurs culturels à s’approprier cet événement qui est leur affaire, afin que les artistes « peignent le Burkina en musique et non en rouge » comme le font des individus armés. Il a rassuré que toutes les dispositions sont prises en matière sanitaire afin que tout se passe bien.

 

Source : ( B. Bougoum pour wakatsera.com)

Une galerie bien achalandée en Côte d'Ivoire

RCI : LE MARCHÉ DE L’ART CONTEMPORAIN EN PLEINE CROISSANCE

Le paysage ivoirien des arts visuels n’est pas à plaindre, à en croire plusieurs spécialistes du milieu.

Mimi Errol, directeur artistique de la galerie Houkamy Guyzagn et par ailleurs l’un des seuls critiques d’art et commissaire d’exposition du pays, soutien que « depuis dix ans, le marché grandit de manière organique, progressive et résiliente en dépit des crises politiques et sanitaires ». Mieux, Abidjan parvient à « faire revenir ses artistes, à garder les plus jeunes et à attirer ceux de la sous-région », se réjouit le critique d’art, fin connaisseur du milieu. La jeune galerie nomade Véronique Rieffel, qui s’est installée dans la capitale économique ivoirienne il y a moins d’un an, un laps de temps néanmoins suffisant pour se faire une place et un nom dans le bouillonnant paysage ivoirien des arts visuels, explique : « J’ai été attirée par la dynamique que j’y ai trouvée, des artistes fabuleux et quelques galeries avec une projection à l’international. Voyant tout ça, j’ai décidé de me lancer en septembre 2019. » Notons que Véronique Rieffel est une galerie spécialiste des arts d’Afrique et du Moyen-Orient qui, d’ici à la fin de l’année, ouvrira un véritable espace physique en bord de mer dans la ville voisine de Grand-Bassam. En mars, le premier musée d’art contemporain du pays s’est ouvert dans la commune populaire d’Abobo, au nord d’Abidjan. Il a été financé et construit par Adama Toungara, un responsable public qui est aussi l’un des plus grands collectionneurs privés du pays. Si les écrins de l’art contemporain se multiplient à Abidjan – ils sont désormais une petite dizaine –, le marché local se développe aussi. En l’absence de rapports ou d’études chiffrées, tous les professionnels du milieu interprètent les moindres signaux comme une confirmation d’un marché en croissance. « Le retour ponctuel ou permanent des artistes ivoiriens est un signe qui ne trompe pas », affirme ainsi le critique d’art Mimi Errol. Le critique cite à titre d’exemple Ouattara Watts, l’enfant prodigue parti vivre aux Etats-Unis il y a une trentaine d’années et revenu en 2018 le temps d’une exposition. Ses compatriotes, le sculpteur Jems Robert Koko Bi et le plasticien Ernest Dükü, ont eux aussi initié des retours, confirmant l’existence de débouchés marchands à leurs productions. D’ailleurs, lors de l’exposition de 2018, les œuvres de Ouattara Watts se sont bien vendues, à des tarifs allant de 40 000 à 120 000 euros selon les pièces. « Certaines de ses œuvres ont été acquises par des collectionneurs locaux », confie Cécile Fakhoury, qui accueillait l’exposition dans sa galerie ouverte en 2012. Habituée des grands rendez-vous internationaux de l’art, la jeune galeriste française, qui représente de nombreux artistes ivoiriens et ouest-africains, possède une deuxième galerie à Dakar et un showroom à Paris. Les premières années, 90 % de son chiffre d’affaires se faisaient à l’étranger, mais aujourd’hui, précise-t-elle, « sans être à 50/50, il y a un rééquilibrage important qui s’est opéré ». Et s’il n’y a pas de boom, « la tendance à la hausse du marché local est manifeste ». Illa Donwahi partage ce constat. A la tête de la fondation qui porte son nom, la femme de 61 ans s’émerveille de l’élargissement du cercle d’acheteurs et de collectionneurs à « une nouvelle génération » composée de trentenaires et quarantenaires au pouvoir d’achat important. Elle se réjouit de leur appétence pour les arts visuels qui témoignerait d’« un soutien aux artistes ivoiriens et au continent africain ». Entourée des œuvres qu’elle expose sur la terrasse de sa fondation, elle souligne aussi « l’augmentation récente des achats directs auprès des artistes » qui contribuent à retenir ces derniers sur place. En réalité, rappelle Mme Donwahi, « le marché local a toujours existé ». A Abidjan, « de l’argent il y en a et les collectionneurs sont présents depuis longtemps ». Mais toutes ces œuvres demeurent le plus souvent à l’abri des regards, jalousement gardées à l’intérieur de villas cossues. Si le marché est en pleine croissance, son dynamisme reste à confirmer sur la durée. Pour accroître sa notoriété, faudrait-il organiser un événement international à Abidjan ? « Trop tôt, le marché n’est pas encore assez mature », tranche un collectionneur habitué des grands raouts artistiques. Et une biennale ? « Celle de Dakar est très bien et fait l’affaire », complète-t-il, un peu blasé. D’autres professionnels du secteur, plus entreprenants et enthousiastes, envisagent néanmoins une vente aux enchères internationale dans les prochains mois.

 

Source: 100pour100culture (par A. DOUBLE)

LA GALERIE ARTE FAIT « PEAU NEUVE »

Plus qu’un simple lieu d’exposition, la galerie Arte est devenue au fil des ans une place incontournable dans le monde de l’art. Cette année, elle a changé d’adresse pour mieux se rapprocher de la clientèle en s’installant à Mermoz, le nouveau quartier central de la capitale.

 

Première galerie d’art moderne et de design contemporain, elle s’impose très vite comme une vitrine de l’art africain dès son ouverture en 1996. Sa propriétaire, Joëlle le Bussy, veut en faire le point de convergence, à Dakar puis à Saint-Louis, des artistes du continent africain et de sa diaspora ; elle participe à la reconnaissance et à la promotion de l’art africain contemporain par l’exposition régulière d’artistes émergents ou reconnus.

NOUVEL ESPACE

Dans ce nouvel espace de 200 mètres carrés, quatre grandes pièces servent de salles d’exposition. Dès l’entrée, la lumière que laissent entrer les baies vitrées de la pièce principale fait ressortir toute la beauté des toiles accrochées aux murs et les quelques œuvres design. Dans les pièces annexes, on peut y admirer également des bijoux de créateurs d’Afrique, des bronzes d’artistes sénégalais et burkinabé, de la céramique, de la maroquinerie. Plusieurs expositions d’art contemporains ou d’artisanat d’art sont organisées dans l’année, sans oublier sa participation à la Biennale à chaque édition. Le design composé de meubles et objets sont créés dans différentes essences de bois précieux d’Afrique. Dessinés par Joëlle le Bussy, ces meubles et objets sont fabriqués à la main en pièces uniques ou petites séries dans l’atelier de la Galerie Arte à Dakar. Pour les clients hors du Sénégal, les pièces peuvent vous être exportées à l’étranger. Présente aussi à Saint-Louis, la galerie Arte est à l’origine du Festival du Fleuve en Couleurs et de l’ouverture à son inscription à la Biennale Off qui n’était jusqu’en 2009 réservée qu’à Dakar. Ainsi la Biennale des arts s’est implantée dans cette ville mythique et depuis quelques autres galeries d’art contemporain ont vu le jour. La Galerie Arte de Saint-Louis est hébergée par le MUPHO (Musée de la Photographie) dans le complexe Arte Concept, rue Repentigny x Quai Henry Jay. Elle y organise des événements ponctuels axés sur la photographie et y expose en permanence quelques pièces design.

 

YVES GUSELLA PRESENTE SON « HIVERNAGE »

Pour la présentation de sa nouvelle collection, l’artiste peintre d’origine franco-italienne et sénégalais d’adoption a choisi la saison de l’heure, l’hivernage. Une quarantaine de tableaux qui représentent des scènes de vie sénégalaise sont ainsi exposées à la Galerie Arte du 6 août au 30 septembre 2020. L’artiste est présent à la galerie tous les samedis et vendredis jusqu’à la fin de l’exposition On est tout de suite captivé par la chaleur des couleurs vives qui se dégagent des toiles exposées aux murs de la galerie. Yves Gusella peint au couteau dans le style post impressionnisme. Sans être trop flamboyante, sa palette de couleurs accentue plutôt le rendu des ombres et lumières qui se dessinent sur la toile. « Circulation urbaine », « La vie sénégalaise », « Les baobabs », « La pêche »… Des thèmes choisis par l’auteur pour représenter des scènes de vie observées ici et là au cours de ses balades. Chaque toile représente son regard sur la beauté du Sénégal, un pas et des habitants qui dégagent une énergie extraordinaire qu’il a voulu partager avec le public. Cette collection rend hommage aux baobabs qui symbolisent la vie, la force, un lieu de manifestation culturel… La circulation urbaine avec les mythiques cars rapides qui sont appelés à disparaitre… La pêche et le cérémonial qui l’entoure quand les pêcheurs reviennent à quai… Même s’il ne se lance dans la peinture tardivement, Yves est heureux de réaliser enfin un rêve d’enfant en s’inscrivant à l’école des beaux-arts à l’âge de 50 ans. Aujourd’hui, à 72 ans, il est installé au Sénégal où il se consacre à la peinture à l’huile, sa passion.

REPORT DE L’EXPO CULTURES ET LITTERATURES AFRICAINES

Initialement prévue de juin à décembre 2020, l’exposition sur « Cultures et littératures africaines » en Haute Garonne Montesquieu-Volvestre) est reportée de décembre 2020 à la mi juillet 2021. La proposition s’intercalera naturellement dans la dynamique nationale de l’Institut français pour « la saisonAfrica2020 », selon La Dépêche du 05 juillet. La quelle fait un clin d’œil à un événement culture marquant :

Le 29 juillet 2017, à Aokas, petite ville d’Algérie, suite à l’interdiction de la tenue d’un café littéraire, des femmes et des hommes organisèrent une marche pacifique avec un livre à la main et des banderoles scandant le droit d’accéder à la culture et le besoin de liberté. Un des slogans disait "Prenez l’argent, laissez-nous le savoir".

Sénégal : La 14e biennale reportée

La 14ème édition de la Biennale de l’art contemporain de Dakar qui devrait avoir lieu du 28 mai au 28 juin prochain, a été reportée à cause de l’apparition du covid-19 au Sénégal. L’annonce est du ministère de la Culture et de la Communication à travers un communiqué dont nous avons reçu copie hier, vendredi 20 mars.

«En application des mesures gouvernementales, le ministre de la Culture et de la Communication a décidé de reporter à une date ultérieure la quatorzième édition de la Biennale de l’Art africain contemporain, initialement prévue du 28 mai au 28 juin 2020 à Dakar. Les nouvelles dates vous seront communiquées par les moyens les plus appropriés», rapporte le communiqué. Le report entre ainsi dans le cadre de l’interdiction de rassemblements par le Président de la République, Macky Sall pour éviter la propagation du covid-19. «Le Sénégal a enregistré des cas d’infection au Covid 19. Dans le but de lutter contre la propagation de la maladie et de préserver la santé des populations, le gouvernement de la République du Sénégal a pris des mesures préventives, parmi lesquelles la suspension des manifestations publiques et l’interdiction des regroupements dans les endroits ouverts ou clos», lit-on.

Source : allafrica

Contribution à la civilisation de l'Universel

Côte d'Ivoire : un Musée des cultures contemporaines

La Première Dame Dominique Ouattara a procédé à l’inauguration du Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara, le mercredi 11 mars 2020 dans la commune d’Abobo. Premier édifice spécialement dédié à la culture contemporaine en Côte d’Ivoire, ce musée a ouvert ses portes avec le vernissage de l’exposition panafricaine itinérante « prête-moi ton rêve » initiée par la Fondation pour le Développement de la Culture Contemporaine Africaine.

Une double cérémonie qui a réuni du beau monde dans l’enceinte du musée bâti sur une superficie de 3.500 mètres carrés en face de la mairie d’Abobo, avec une architecture modernes. Initiative de M. Adama Toungara, Grand Médiateur de la République mais aussi, l’un des plus grands collectionneurs d’art du pays, ce musée a été conçu et réalisé pour accueillir et promouvoir des collections et des expositions. Il a été conçu par l’architecte international Issa Diabaté. Profitant d’ailleurs du cadre de cette cérémonie, M. Maurice Kouakou Bandaman, Ministre de la Culture et de la Francophonie a élevé M. Adama Toungara au rang de commandeur dans l’ordre du mérite culturel pour sa contribution à la promotion de la culture et de l’art en Côte d’Ivoire.

La cérémonie d’inauguration et de vernissage a enregistré la présence de Madame Clarisse Duncan, épouse du Vice-Président de la République ; Madame Assetou Gon Coulibaly, épouse du Premier Ministre ; de plusieurs personnalités du Gouvernement ; des diplomates ; des acteurs du monde de de l’art et de bien d’autres personnalités. Madame Dominique Ouattara, marraine de l’évènement a salué l’initiative de M. Adama Toungara. «(..) Je salue cette belle initiative de mon cher frère Adama Toungara, et je le félicite pour avoir conçu et réalisé ce magnifique musée », a-t-elle félicité. Pour Madame Dominique Ouattara, ce musée favorisera un accès plus facile aux populations de la commune d’Abobo à la culture. « (…) Situé au cœur d’Abobo, l’une des communes les plus peuplée du District d’Abidjan, ce musée offre ainsi un large accès aux populations, à la culture en général et plus spécialement à la culture contemporaine.

Quand l’on connait la richesse et la diversité de l’art contemporain dans le monde et en Afrique, l’on comprend aisément le bien-fondé de ce musée. C’est pourquoi, une large part y sera faite aux œuvres modernes et traditionnelles de Côte d’Ivoire », a expliqué Madame Dominique Ouattara. La Première Dame s’est aussi réjouie que le musée ouvre ses portes avec le vernissage de l’exposition panafricaine itinérante « prête-moi ton rêve ». « Inaugurée au Maroc, cette magnifique exposition, fruit de la collaboration sud-sud a déjà fait escale au Sénégal et séjournera trois mois dans notre musée d’Abobo », a-t-elle révélé. Avant d’inviter les populations à fréquenter le musée et à initier leurs enfants à la visite des musées dans le but de mieux connaître leur passé et mieux appréhender leur futur. M. Maurice Kouakou Bandaman, Ministre de la Culture et de la Francophone a laissé éclater sa joie face à temple dédié à la culture contemporaine. Il a tenu à remercier M. Adama Toungara pour cette belle initiative qui selon lui permettra de détecter les talents artistiques des jeunes d’Abobo. Dans une envolée lyrique, il a retracé les doutes et les espoirs de l’initiateur de ce projet.

Madame Bintou Camara Toungara, Administratrice du Musée et fils de M. Adama Toungara a au nom de son père tenu à remercier la Première Dame et les invités à cette cérémonie. Elle a révélé l’importance de la concrétisation de ce projet pour son père. Pour elle, ce musée est la réalisation d’un rêve de famille. Poursuivant, elle a révélé l’objectif fondamental de la création de ce musée en plein centre de la commune populaire d’Abobo. Elle a indiqué que la culture est un facteur de reconstruction d’une nation. Aussi, selon cette dernière, la commune d’Abobo regorge d’innombrables talents artistiques que ce musée permettra d’éclore. M. Yacouba Konaté, commissaire de l’exposition, a expliqué l’importance de la culture contemporaine pour l’homme. Vecteur de beau et de rêve, la culture transcende non seulement les frontières, mais aussi, révèle l’humain en chacun des hommes. M. Fihr Kettani, Secrétaire Général de la Fondation pour le Développement de la Culture Contemporaine Africaine a rappelé que l’exposition itinérante « prête-moi ton rêve » est une vitrine de la culture et de l’art africain. Signalons que le Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara est composé d’une grande salle d’exposition de 400 mètres carrées, d’une petite salle d’exposition de 120 mètres carrés, d’un espace aménagé pour les spectacles vivants, d’une boutique et d’un espace récréatif, d’une médiathèque et d’une bibliothèque, d’une salle de réserve et de conservation, d’une salle d’archives, de bureaux administratifs et d’ateliers, d’un parking interne et d’un parking externe. M. Koné Siaka, troisième adjoint au maire d’Abobo a tenu à remercier quant à lui, la Première Dame pour sa constante sollicitude à l’endroit des populations d’Abobo.

Source : Koaci.com

La galerie des galeries accueille l'Afrique des arts contemporains

PARIS CAPITALE DE L’ART AFRICAIN

Rencontres inédites avec la toute nouvelle génération d’artistes du continent africain, cosmopolites, engagés, lucides et libres. Décidément, ils ont le vent en poupe. Africa Now!

Après l’événement Afriques Capitales à la Villette à Paris, la récente foire d’art contemporainAKAA (Also Known As Africa) , l’invitation d’honneur à l’Art Paris Art fair au grand Palais, Art Afrique le Nouvel atelier à la fondation Louis Vuitton (jusqu’au 28 août), l’Afrique des routesau musée du Quai Branly (jusqu’au 12 novembre)…c’est au tour des Galeries Lafayette de célébrer l’Afrique dans toute la France. Artistes et créateurs investissent l’ensemble des magasins avec des conférences, des collections de mode (pour découvrir des maisons exclusives), des pop-up stores, de la musique, de la photographie avec les belles œuvres de Lakin Ogunbanwo en vitrines, l’installation de Joël Andrianomearisoa sous la coupole et la toute nouvelle génération qui présente son travail à la Galerie des Galeries sous le titre évocateur « le jour qui vient ». Un voyage artistique aux multiples registres, vidéo, peinture, sculpture, dessin, photographie, avec de vrais découvertes car certains artistes sont exposés pour la première fois. Décidément, «Il semblerait que l’Afrique soit à la mode »

Le jour qui vient Galerie des Galeries jusqu’au 29 juillet

30 ANS DU DAK’ART : LA MUTATION EST-ELLE POSSIBLE ?

« DakArt30 », la biennale de l’Art africain contemporain célèbre sa 14e édition du 28 mai au 28 juin 2020. Cet anniversaire des 30 ans d’existence (1990- 2020) est organisé sous l’égide du ministère de la Culture et de la communication et du Secrétariat général de la Biennale de Dakar sous le fabuleux thème « I Ndaffa/ Forger / Out of fire ».

 

Identifiée comme la plus ancienne biennale sur le continent africain, la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, que l’on appelle aussi le « Dak Art », a atteint aujourd’hui l’âge de la maturité avec ses 30 années d’existence. La prochaine édition du Dak Art prévue du 28 mai au 28 juin 2020, sera la 14e édition et elle sera célébrée comme le temps d’un anniversaire spécial autour du thème « I Ndaffa / Forger/ Out of fire », référence incontestable à l’acte de créer. Après les sélections pour l’exposition internationale et la conceptualisation et les réflexions diverses, l’organisation sur le plan matériel et logistique a démarré le 18 novembre 2019. Le lancement officiel a été présidé, au Musée des Civilisations Noires de Dakar, par Abdoulaye Diop, le ministre de la Culture et de la Communication en présence de Mariéme Bâ, Secrétaire générale de la Biennale de Dakar et du Comité d’orientation. Le Dr El Hadj Malick NDiaye, chercheur, Conservateur du musée d’art africain Théodore Monod à Dakar est un historien de l’art et il a, en tant que Directeur artistique, le redoutable rôle de concepteur du discours, de la thématique et de l’orientation globale de cette 14e biennale de Dakar.

Un acte fondateur de la création africaine

Le Dr El Hadj Malick Ndiaye a une vision limpide «ce thème général renvoie à l’acte fondateur de la création africaine, lequel nourrit la diversité des créativités contemporaines africaines, tout en projetant de nouvelles manières de raconter et d’appréhender l’Afrique. Il dénote la dynamique et l’action de créer, de recréer et de malaxer. Il renvoie ainsi à la forge qui transforme et au gisement d’où provient la matière première et au feu qui crée. Forger consacre l’acte de transformer une ou des matières portées à incandescence dans un feu, de créer de nouvelles formes, textures et matérialités et par ce geste, un monde nouveau. IÞ NDAFFA s’inspire de I NDAFFAX qui – en langue sérère parlée au Sénégal – invite à la forge. En posant sa graphie comme une double action de nommer et de dérouter le sens, le terme énonce aussi bien la liberté de transformer, que les multiples possibilités de créer». Le Ghana et la Chine seront les pays invités d’honneur de la biennale, mais le programme garde ses grandes lignes. C’est la grande exposition internationale, les expositions avec quatre commissaires invités : Salma Lahlou (Maroc), Lou Mo (Canada), Morad Montazami (France/ Iran) et Greer Vallaey (Afrique du Sud Sud), les pavillons nationaux celui du Sénégal et les deux pays invité d’honneur (Chine et Ghana). Il y aura en outre une exposition des collectionneurs opportunité de mettre en valeur les collections privées au Sénégal. Avec les rencontres scientifiques et professionnelles, la foire aux livres, il y aura des innovations telles les mises en espaces d’artistes, l’exploration des cultures urbaines et la participation d’artistes et créateurs aux profils divers.

Le Grand Prix Léopold Sédar Senghor

Le Dak Art ne va pas sans les expositions «OFF » et de nombreuses activités vont se tenir entre les villages connectés, le marché de l’art sur le place de l’Indépendance, ou encore la foire de l’art culinaire. Dans ce vaste programme, c’est surtout l’exposition internationale qui focalise l’attention du public autour des talents qui la compose. C’est parmi ceux là que le jury choisi, tous les deux ans, le lauréat du Grand Prix Léopold Sédar Senghor, le prestigieux trophée de la biennale doté d’une allocation de 20 millions de francs Cfa. 64 artistes sont sélectionnés pour la Grande exposition internationale du DakArt 2020. Point focal des visites durant la Biennale, l’exposition internationale sera riche de quelques 28 nationalités, dont sept sénégalais et d’autres artistes d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud. Invité et accueilli dans l’exposition internationale, le maître d’art Malien Abdoulaye Konaté, ancien lauréat du Prix L.S.Senghor (en 1996) sera à Dakar à l’occasion de la célébration de ces 30 années d’exaltation de la créativité. L’ambition de la Biennale de Dakar est restée constante, soutient la Secrétaire générale, Madame Marième Bâ, dans son propos lors du lancement de la 14e édition. La biennale, affirme-t-elle, est restée un espace de rencontre et de confrontation, mais également un lieu de validation et de légitimation de la création artistique contemporaine. Selon elle « la Biennale de Dakar fait une part belle aux dynamiques qui donnent une envergure nouvelle au continent africain et dont le destin est de vivifier le monde nouveau, après avoir accouché de l’humanité et accompagné ses premiers pas ». Appréciant le temps écoulé depuis les balbutiements en 1990 de la Biennale de Dakar, le ministre Abdoulaye Diop met exergue «le lien spécifique et très singulier qui unit la communauté artistique et les publics divers à l’institution de la Biennale». Le rapport particulier au temps, la force de l’événement, la nécessité de la mémoire et de l’action permanente, sont évoqués par Abdoulaye Diop « en 2020 nous ne célébrons pas, uniquement les réalisations des 30 années passées ; nous ouvrons, également, ce qui importe plus encore, un débat sur l’avenir de la biennale ».

Source: JEAN PIRES (CORRESPONDANCE PARTICULIERE AVEC SUD QUOTIDIEN)

Un marché à découvrir sur le continent !

L’ART AFRICAIN : UNE ASSURANCE-VIE RENTABLE

L'art africain est indiscutablement le nouveau terrain de chasse des collectionneurs avertis. Longtemps appréhendées sous le prisme de l'art dit traditionnel ou rituel, ces créations dotées d'un pouvoir singulier suscitent l'engouement. Les cubistes ont commencé à s'en inspirer.

Des expositions, comme « Magiciens de la terre » au Centre Pompidou en 1989 et des galeries, comme celle de Gervanne et Matthias Leridon, ont aussi fait connaître ces oeuvres souvent originales, renouvelant une créativité à notre avis essoufflée en Occident. Les récentes vacations ont montré que les artistes africains ne laissent pas indifférents. Le salon 1-54 Contemporary African Art Fair, à La Mamounia du 24 au 25 février justifie votre intérêt. De même, le département d'art contemporain africain de la maison Piasa qui organise, en partenariat avec Aspire Auction House, une vente le 14 février au Cap, en Afrique du Sud. Cet événement inédit se tiendra en marge de la Investec Cape Town Art Fair. On y verra une sélection d'oeuvres qui reflète la richesse de cet art à l'image de nos coups de coeur, l'Ivoirien Aboudia (dans les 8 000 euros), le Camerounais Marc Padeu (environ 5 000 euros) ou le Congolais Chéri Samba (dans les 15 000 euros). On découvrira des artistes originaires de régions dont l'intensité artistique est encore très largement méconnue, comme Peter Ngugi au Kenya ou Salah Elmur au Soudan.

PHILANTHROPIE

Discrète mais efficace ! Capma & Capmi, une mutuelle d'assurance-vie du groupe Monceau Assurances (qui gère 9 milliards d'euros d'épargne), existant depuis 55 ans, va servir à ses sociétaires au titre de 2019 des rendements de 2,20% pour son fonds garanti Dynavie et 2,45% pour son Carnet Multi Epargne. À comparer à une moyenne cette année de 1,40% pour l'ensemble des assurances-vie dites en euros, avec des performances en baisse, quand cette mutuelle annonce... une hausse ! Explications de son président Gilles Dupin :« Depuis 2010, le groupe diversifie largement ses investissements en dehors des obligations classiques émises par les Etats et les entreprises. » Alors que les assureurs-vie misent très souvent entre 80 et 90% sur ces titres d'emprunt dont le rendement s'approche de zéro, « le portefeuille constitué pour Dynavie comptait, à la fin de 2018, 20% d'actions, 12% d'obligations convertibles et 9% d'actifs immobiliers ». La forte hausse des marchés boursiers et immobiliers en 2019 a donc boosté la performance qui tranche avec celle couramment annoncée par les autres opérateurs. Mais du fait de cette diversification, « les performances des fonds en euro peuvent s'afficher plus volatiles et ce fut le cas en 2008 et 2018, dans les phases de baisse des marchés boursiers ». Cependant, Gilles Dupin rappelle justement que « la performance des contrats doit s'apprécier dans la durée ». Olivier Goy, connu pour avoir lancé avec succès la plate-forme de crowdfunding October devenue leader en Europe, propose une initiative d'un autre genre pour les philanthropes. Cet entrepreneur et son épouse Virginie ont mis sur pied une fondation, Photo4food, abritée par l'Institut de France (qui réunit les différentes Académies), pour à la fois promouvoir de jeunes artistes photographes et soutenir des associations mobilisées contre la pauvreté et la faim en France. Dix-sept artistes, français, canadiens, hollandais, russes ont déjà cédé gracieusement plus de 300 tirages à la fondation, qui les met en vente. Les Restos du coeur et Août Secours alimentaire sont les premières associations accompagnées, avec un premier engagement sur 25 000 repas chauds au Resto du coeur de la rue Joubert à Paris. Deux expositions sont prévues dans la capitale : chez WeAre (73, rue du Faubourg Saint Honoré) et bientôt au Philanthro-Lab (12, rue de la Bûcherie). Un dîner caritatif se tiendra en outre au Palais de l'Institut, le 16 juin, avec deux chefs étoilés - Akrame Benallal et Alain Ducasse - pour lever plus de fonds (www.fondationphoto4food.com).

FONDS BOURSIERS

Pour la huitième année consécutive depuis son lancement, la société de gestion Corum dépasse ses objectifs de performance. Son dynamique président Frédéric Puzin vient de dévoiler des performances canon, loin des quelque 4,2% moyen de l'ensemble des SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) : 6,25% pour Corum Origin (investie sur la zone euro) et 6,26% pour Corum XL (dans et hors zone euro par exemple au Royaume-Uni). Par ailleurs, son fonds financier Corum Eco, investi en obligations (titres d'emprunt émis par des entreprises en Europe comme Netflix, Energizer, Picard, Burger King), a réalisé une progression de 11,27% au lieu des 4% prévus ; à ce fonds désormais fermé aux nouveaux souscripteurs succédera bientôt une version 2. Ainsi, cette jeune société de gestion prouve largement l'agilité de ses équipes pour saisir les opportunités d'investissement et les résultats sont là : plus de 3,6 milliards d'euros d'actifs sous gestion, 1,2 milliard d'euros de collecte d'épargne en 2019, 45 000 épargnants au total, soit un bond de plus de 50% de nouveaux clients par rapport à 2018. Un bon choix pour qui recherche une source de revenus complémentaires réguliers. Quels sont les fonds boursiers qui ont le plus progressé en 2019 ? Réponse : ceux qui misent sur la Russie. + 44,56% ! De même sur cinq ans, leur croissance atteint +152,84%, loin devant le secteur des technologies (+116,38%). Et la récente nomination de Mikhail Michoustine au poste de Premier ministre pourrait relancer cette impulsion qui a surpris, tant les investisseurs internationaux restaient méfiants en raison des tensions avec les Etats-Unis. Trois explications à cette performance : la dépendance très forte de la Russie aux cours du gaz et du pétrole qui ont rebondi (50% de ses exportations), des investissements en nette croissance en réaction aux restrictions imposées par les Américains, une stabilité du rouble accompagnée d'une stabilité des taux d'intérêt et de l'inflation. Pour qui partage une anticipation optimiste, misez sur les ETF (Exchange Traded Fund ou fonds indiciels) Russia de Lyxor (Société Générale) ou de iShares (BlackRock) ou sur les fonds d'investissement proposés par Pictet, Amundi Luxembourg (avec son fonds AF Russian Equities), JP Morgan ou BNP Paribas AM.

« LA JOCONDE »

La Joconde en vente ! Alors que Paris célèbre Léonard de Vinci au musée du Louvre, Artcurial dévoile la pièce phare de sa vente dédiée à l'Art urbain le 23 février prochain, Rubik Mona Lisa. Le mosaïste Invader réinterprète à sa manière le tableau le plus connu du monde. Cette Joconde assemblée avec 330 Rubik's Cubes est mise aux enchères pour la première fois, avec une estimation à 120 000 euros. Le street artiste avait emballé la cote avec un record mondial obtenu en mai dernier pour Vienna à 356 200 euros. Invader s'est fait connaître avec ses mosaïques qu'on peut trouver dans plus de 65 villes dans le monde. L'année dernière, il a réalisé sa plus grande intervention urbaine à ce jour, un Space Invader en mosaïque de 70 m2 tout près du Centre Pompidou à Paris. Avec cette étonnanteJoconde, Invader a lancé une nouvelle forme d'expression artistique, le « Rubikcubisme » et lancé une série revisitant les plus grands tableaux de l'histoire de l'art, les « Rubik Masterpieces », tel Rubik Jacquet en référence au Déjeuner sur l'herbe d'Alain Jacquet, ouRubik Origine, qui reprend L'Origine du monde de Courbet.

(Source: Les Echos Week end)

L'étape du Musée des Civilisations Noires met Dakar au coeur des arts contemporains

Quand Dakar révèle la frustration des artistes

La capitale du Sénégal accueille « Prête-moi ton rêve », une exposition itinérante d’art contemporain qui veut faire découvrir au public africain les artistes du continent connus à l’international.

En ce mois de décembre, Dakar est au centre d’un écosystème artistique aussi vibrant que fragile à l’échelle du continent africain. La capitale sénégalaise est la deuxième étape de l’itinérance de l’exposition transafricaine « Prête-moi ton rêve », inaugurée en juin à Casablanca, qui rassemble les œuvres d’une trentaine d’artistes africains contemporains de renommée internationale. C’est dans la ville aussi qu’a ouvert, il y a un an, un musée public détonnant dans le paysage africain : le Musée des civilisations noires (MCN), défini comme un « musée mutant » par son directeur, Hamady Bocoum, et qui accueille jusqu’au 28 janvier l’exposition à l’occasion de son premier anniversaire. C’est ce même musée, au bâtiment très imposant – inspiré de la case ronde de l’habitat traditionnel, mais dont les dimensions sont plutôt celles d’un stade, avec 14 000 m2 de surface d’exposition –, qui est l’hôte de la toute première restitution française (en cours de conformité législative) : un sabre ayant appartenu au fondateur de l’Empire toucouleur, auquel la colonisation française avait mis fin en 1893.

Frustration des artistes

Ambitieuse, cette infrastructure offerte par la Chine et construite aux abords du centre-ville et du port de Dakar n’est, pour l’instant, qu’une grande coquille aux collections modestes, qui embrasse l’idéal panafricain cher à Léopold Sédar Senghor et célèbre la création du continent, des origines à l’art contemporain. « Prête-moi ton rêve » n’est pas le premier projet artistique panafricain, mais son envergure et le fait qu’il se construise sur une dynamique de coopération Sud-Sud en font une expérience inédite. Tout est parti de la rencontre, en 2018, entre l’artiste malien Abdoulaye Konaté et l’équipe de la Galerie 38, à Casablanca.« Pendant les préparatifs de son exposition, il nous a présenté plusieurs de ses amis artistes, notamment Barthélémy Toguo, Soly Cissé, Ky Siriki. Lors d’un dîner, la discussion tournait autour de la frustration des artistes d’être si peu connus chez eux, en Afrique, malgré leur succès à l’international », explique Fihr Kettani, le directeur de la galerie.

Engouement occidental

L’idée de réunir les grands noms de l’art africain en résidence à Casablanca pour créer une exposition qui ferait le tour des capitales du continent était lancée. Dix-huit d’entre eux ont répondu à l’appel, d’autres ont soutenu l’initiative en prêtant des œuvres, avec, au total, une trentaine d’artistes impliqués. Pour porter le projet, la Fondation pour le développement de la culture contemporaine africaine (FDCCA), présidée par le prince marocain Moulay Ismail et rassemblant de jeunes entrepreneurs et passionnés d’art, était créée.

Source : Le Monde.fr ( Emmanuelle Jardonnet, 21 décembre 2019)

* Le titre est de la rédaction

Aboulaye Diop au MCN pour "Prête-moi ton rêve"

Dakar, deuxième étape de l’exposition « Prête-moi ton rêve »

Inaugurée par le Ministre de la Culture du Sénégal, Abdoulaye Diop, Prête-moi Ton Rêve est « une contribution importante pour le développement de l’art contemporain d’Afrique »

Initiée et produite par la Fondation pour le Développement de la Culture Contemporaine Africaine (FDCCA), la deuxième étape de l’exposition « Prête-moi Ton Rêve » a été inaugurée le 6 décembre 2019 et se tiendra jusqu’au 28 janvier 2020 au Musée des Civilisations Noires de Dakar (MCN), après son premier passage à Casablanca en juin 2019. L’exposition « Prête-moi Ton Rêve » rassemble une cinquantaine d’oeuvres de 31 artistes africains renommés dont Abdoulaye Konaté, William Kentridge, Chéri Samba, Barthélémy Toguo, Jane Alexander, Ouattara Watts, Soly Cissé ou encore Nnenna Okoré. Pour l’étape dakaroise, l’exposition a été élargie avec la présence de nouveaux artistes telle que Angèle Etoundi (Cameroun). L’étape de Dakar de l’exposition « Prête-moi Ton Rêve » est conçue par les commissaires Yacouba Konaté et Brahim Alaoui, et par le comité scientifique du Musée des Civilisations Noires. Durant toute la durée de l’exposition, des conférences et tables rondes sont organisées autour des thèmes suivants : Déberlinisation, Contemporanéités africaines, Paradigme panafricain du 21ème siècle, Défis scientifiques, technologiques et industriels du 21ème siècle, Religions et sociétés, l’Afrique et ses diasporas. En parallèle de l’exposition principale « Prête-moi Ton Rêve » et comme à chacune des étapes, le MCN accueille une exposition hommage dédiée à la Collection Henry Barbier ainsi que l’ exposition carte blanche intitulée « Fent Bokk » (créer en partage) inaugurée le 7 décembre au musée Théodore Monod de Dakar. Elle est a été confiée au jeune commissaire El Hadji Malick Ndiaye, directeur artistique de la prochaine Biennale de Dakar.

Source : A Tridon (pour communicart.fr)

Vues sur 22 lieux de vie convertis en galeries pour la bonne cause

PARTCOURS : UNE 8EME EDITION SUR 22 ESPACES

Du 29 novembre au 15 janvier, la manifestation Partcours propose aux Dakarois un parcours itinérant pour faire circuler les amateurs d’art à travers la capitale sénégalaise et même au-delà. Né en 2012 sous l’impulsion de l’artiste italien Mauro Petroni et de la Camerounaise Koyo Kouoh, conservatrice de musée, l’événement propose, pour la huitième année consécutive, une vingtaine d’expositions et de vernissages organisés en circuit.

Les sculptures humanoïdes en métal peint se font face autour de la piscine à quelques mètres des collages et des peintures. Habitué de l’événement, l’artiste sénégalais Barkinado Bocoum, qui a fait ses classes aux Beaux-Arts de Dakar, fête ses dix ans de carrière à l’occasion du Partcours. « J’ai toujours ce grand plaisir à participer à Partcours, déclare-t-il. On sait qu’au moins au Sénégal il y a une manifestation artistique continue. À Dakar, il manquait ce genre d’événement ».

Dynamisme de l'écosystème local

Ce rendez-vous pérenne est le signe du dynamisme de la scène artistique sénégalaise en dehors de la Biennale qui se tient à Dakar tous les deux ans mais aussi d'une volonté de structurer l’écosystème local. « Tout au long de l’année, chacun agit de façon relativement individuelle, explique Mélodie Petit, responsable de la communication à la Loman Art Gallery qui participe pour la sixième fois. Chacun a son calendrier. Le Partcours permet aussi aux espaces artistiques de Dakar de communiquer entre eux. Cela permet à des personnes qui connaissent un espace de découvrir les autres, des galeries privées, des institutions, des associations. Il y en a pour tous les goûts ». Réparti entre 22 espaces, le Partcours offre surtout l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les différents quartiers de Dakar, et de sa banlieue, à travers leurs lieux artistiques.

(source : RFI)

Un mécène reconnaissant de l'apport des Africains

ART AFRICAIN : « RESTITUER AUTREMENT »

Jean-Loup Lévêque, autrefois « acheteur compulsif », qui s’est constitué une importante collection d’art africain, aujourd’hui retraité, a décidé de se séparer d’une partie de son musée personnel mise aux enchères dans le quartier Drouot à Paris. Au profit d’associations de femmes africaines. Une sorte de réparation à titre personnel.

 

C’était en 1974 au Mali, à Yangasso, dans la région de Ségou, où il participa à la construction d’une retenue d’eau avec canaux et digues afin de créer des rizières en plaine. Cette expérience est un« choc », celui de voir, près de quinze ans après les indépendances, l’état des relations entre les Français, anciens colons, et les Africains, relégués aux tâches les plus pénibles et qui n’accèdent jamais aux responsabilités malgré leur travail. Une expérience qui fondera sa relation avec le continent. (..) Durant les quatre décennies suivantes, le conducteur de travaux publics, qui deviendra patron de son entreprise, accumule masques, sceptres, tabourets, oracles, bâtons, appuie-nuque et boucliers de treize pays différents. Il ambitionnait de posséder un objet représentant chaque groupe socioculturel du continent avec l’ultime but de tout ramener, un jour, en Afrique. « Une folie », dit-il aujourd’hui en souriant. Le virus du collectionneur lui a été inoculé dès l’enfance par son père, physicien nucléaire versé dans l’art contemporain, qui lui a offert son premier masque congolais alors qu’il n’avait que 21 ans. Il grandit dans un univers d’intellectuels et d’artistes cosmopolites qui le font rêver en faisant ses devoirs au milieu d’œuvres de maîtres du fauvisme.

« Une folie »

Mais, dans les années 2010, la soixantaine et la retraite sonnant, cette quête infinie lui paraît soudain vaine. Il commence à s’inquiéter de ce que deviendra sa collection. Ses enfants sont à l’abri du besoin et ne s’intéressent pas à l’art africain. Que faire ? Ces dernières années, toujours curieux, Jean-Loup Lévêque a fait des rencontres qui l’ont « bouleversé ». Des personnalités, des associations, des livres, des lieux. Au Mali, au Sénégal, au Burkina, au Rwanda, en France. Il réalise que les musées africains qu’il a visités avec minutie n’ont aucun besoin des objets de sa collection. Il croit comprendre que la jeunesse africaine est peu intéressée par ce patrimoine spirituel, jugé désacralisé par sa sortie du continent. Mais il est convaincu que le geste symbolique de la restitution est indispensable pour réparer « un peu » les maux « affreux qu’on a commis là-bas, en contradiction complète avec nos valeurs “universelles” ». Il est outré par le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy en 2007 qui prétend « que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire » : « L’Etat français en était encore là ! se désole-t-il. Et aujourd’hui, cette criminalisation du migrant, c’est encore pire. »L’entrepreneur est travaillé par un besoin de justice : « L’idéologieque l’Afrique n’a pas de passé a justifié la dépossession des Africains de leur patrimoine. » Le hiatus entre sa richesse et les besoins du continent, qu’il n’a jamais cessé de fréquenter à travers le travail associatif, lui devient insupportable. Son frère chirurgien, qui a travaillé un temps pour Médecins sans frontières, tranche ses tourments : « Vends ! », lui dit-il simplement. Ce sera le déclic. En 2015, il crée avec l’aide d’une amie avocate un fonds de dotation auquel il donne 80 % de sa collection. Fin 2017, le Fonds Lévêque se lance dans le travail minutieux d’inventaire, indispensable à l’organisation d’une vente aux enchères. « Ce moyen de restituer en refaisant recirculer des œuvres et en transférant leur valeur marchande au continent est concret, analyse l’anthropologue et sociologue rwandais Damien Rwegera, responsable du projet. Et il contourne toutes les difficultés institutionnelles de la restitution à proprement parler, d’une grande complexité légale et muséale. »

 

« Réincarnation magnifique »

Les statuts du Fonds l’obligent à reverser l’argent récolté par la vente à des associations de femmes africaines. Pourquoi les femmes ?« Parce qu’elles tiennent le continent. On n’imagine pas tout ce qu’elles portent », témoigne Jean-Loup Lévêque. Pour être certain que l’argent ne se transforme pas en assistanat, dimension essentielle afin de ne pas perpétuer une forme de tutelle postcoloniale, il a fait appel à l’Association pour le développement économique et social en Afrique (Adesaf) et à la Franco-Camerounaise Damaris Maa, d’Initiatives des femmes africaines de France et d’Europe (Ifafe). « L’enjeu est de créer une chaîne vertueuse,explique la présidente d’honneur de l’association et marraine de l’événement. Il faut vraiment se focaliser sur les jeunes filles qui deviendront des femmes et des mères. Il faut leur apprendre très tôt le leadership. Qui peut gérer un petit projet peut gérer une association, puis une entreprise, et pourquoi pas une commune ou un pays. » La Belgo-Rwandaise Emeline Uwizeyimana, docteure en sciences sociales et politiques qui a mené un travail critique sur le microcrédit et est associée au projet, renchérit : « Ce travail nécessite un suivi. Si le produit de la vente d’un masque peut permettre à dix femmes de s’autonomiser définitivement, c’est une réincarnation de l’objet magnifique. » L’exposition-vente doit être aussi l’occasion de débattre, de comprendre, d’impliquer un public concerné au premier chef par son patrimoine : les afrodescendants et la diaspora, qui vit à cheval sur deux continents. Pour cela, la Fonds a conçu une journée d’événements à laquelle sont invitées plusieurs personnalités : le journaliste camerounais de France 24 Amobé Mévégué, l’ingénieure agronome malienne Mariama Ouologuem, engagée dans la formation des femmes au maraîchage, la Rwandaise Béatha Mukantabana, présidente de l’association de couturières Kotemubo, et Emeline Uwizeyimana, spécialiste du statut des femmes africaines. Enfin, le danseur chorégraphe ivoirien Alphonse Tiérou présentera une création sur « l’activation et la désactivation des masques » tout en apportant son regard d’historien : « Il faut cesser de perpétuer la vision judéo-chrétienne de l’Afrique qui a diabolisé et fétichisé des cultures animistes. Même le meilleur scientifique ne voit que ce qu’il sait. L’Occident a imposé sa vision du monde à l’Afrique, qui a perdu la mémoire même de sa conception de Dieu. Mais les masques ne sont pas morts en quittant le continent. Ils ont encore des choses à dire. »

S. Berthaud-Clair dans Le Monde (le chapeau est de V2A) 

« Passages », exposition-vente aux enchères publique du Fonds de dotation Lévêque les mardi 26 novembre et le mercredi 27 novembre à La Salle, 20 rue Drouot, 75009 Paris. Collection évaluée par l’expert Jean-Pierre Lacoste.

A DAKAR, VIYE DIBA PARMI « PRETE MOI TON REVE »

Avec l’exposition itinérante « Prête-moi ton rêve », 30 artistes de 15 nationalités, ont entamé un long périple artistique qui les promènera dans 6 pays (Maroc, Côte d’Ivoire, Nigéria, Sénégal, Ethiopie, Afrique du Sud) Ayant pris le départ Casablanca depuis le 18 juin 2019, puis et Marrakech au Maroc, ils arrivent à Dakar et poursuivront vers six autres villes, Abidjan, Lagos, Addis-Abeba, Le Cap. Dans la capitale Sénégalaise qu’ils abordent du 6 décembre 2019 jusqu’au 28 janvier 2020, il y aura notre compatriote Viyé Diba que V2A vous invite à aller redécouvrir.

La plateforme de présentation de « Prête-moi ton rêve » trace un portrait de Viyé Diba, né en 1954 au Sénégal où il a écrit des pages illustratives de l’évolution des arts au Sénégal. Toujours présent dans les annales des arts plastiques, au cours des quarante dernières années, au moins, le peintre bénéficie de quelques mots des connaisseurs. Notamment sur sa technique bien élaborée et ses peintures abstraites qui sont « pleines de musique et de vigueur à l’image de la danse africaine ». Les organisateurs précisent aussi : « bien au-delà d’une simple répétition, il y a une énergie qui déconstruit la statuaire, ou, plutôt, la transpose, créant souvent une dualité entre équilibre et verticalité ». Mieux, « Viyé Diba fait « explorer, sentir et vivre le pouls même de la société ». « Prête-moi ton rêve » est Une entreprise audacieuse, mais bien inspirée et encadrée, pour présenter de grandes œuvres d’art, de créateurs africains de renommée mondiale, « souvent plus connus à Paris, London or New York, que chez eux ». Entre des noms aussi prestigieux que, William Kentridge, Abdoulaye Konaté Chéri Samba, El Anatsui, Barthélémy Toguo, Ouattara Watts, citons le Sénégalais Viyé Dia qui sera présent à Dakar, lors de leur passage au Musée des civilisations noires, avec un prolongement au musée Théodore Monod pour une couleur locale et de plus jeunes talents. Connecter une constellation d’artistes contemporains africains, afin de faire briller leurs œuvres à travers tout le continent, tel est l’idée sous-jacente du projet « Prête-moi ton rêve », écrit Brahim Alaoui, l’un des commissaires de cette exposition, aux côtés du philosophe, universitaire et critique d’arts Yacouba Kouyaté.

Synthèse de Fara SAMBE

LAMINE KONTE RESTAURE LA KORA

Lamine Konté « Bunda », ce virtuose de la Kora, qu’un succès fulgurant avait conduit, dans les années 70, de son Marssassoum natal à la capitale sénégalaise, va rentrer en scène pour rappeler le devoir de mémoire vis-à-vis des anciens. A l’heure où les instruments traditionnels risquent d’être rangés aux oubliettes, le natif de Bantagnima veut faire revivre les sonorités d’antan que ce grand griot Mandingue avait lui-même héritées de feus Soundioulou Cissokho, Lalo Kéba Dramé, après un certain Almamy Guèye. Qui se souvient ?

 

Lamine Konté est l’illustration même de cette injustice dont sont victimes de trop nombreux acteurs culturels à cause de la non-finalisation (jusqu’ici) du statut de l’artiste. Ce combat que les plus anciens se sont usés à mener, qu’ils ont légués aux générations suivantes, et qui peut-être en phase d’être gagné. Le concept « Kora Kumoo » -parole à la kora-qu’il va raviver cette année est attendu avec impatience par les connaisseurs. Dont ses compagnons d’antan, tels Ousmane Sow Huchard co-fondateur du Watto Siita, le groupe Xalam dans « Doley Mboollo » ou Saly Nyolo, Aïcha Koné, Doudou Ndiaye Rose, Samba Diabaré Samb…sans oublier les amis de toujours au sein de l’Orchestre national. Mais pourra-t-on rendre aux précurseurs, ces trésors qui meurent souvent dans l’anonymat, tant d’années, tant de labeurs perdus, tant de sacrifices vains ? L’idée est donc de rendre hommage à des noms prestigieux comme le précurseur Almamy Guèye – qui se souvient ? -, ou ses oncles feus Soundioulou Cissokho et Lalo Kéba Dramé, qui ont fait l’épopée des symphonies traditionnelles à l’époque faste du Président-Poète. Heureux celui qui a vu cette photo rare, prise en 1975, sur laquelle il arbore son instrument favori pour aller à la rencontre du président Senghor alors accompagné de son épouse Collette, à l’accueil du couple présidentiel mexicain. Lamine Konté nous rappelle au devoir de mémoire, à l’exemple de la création du célèbre groupe Watto Siita avec feu André Lô et le muséologue Ousmane Sow Huchard ou de sa participation aux côtés du mythique groupe Xalam dans « Doley Mboollo » -vivre ensemble. Alors que peu se souviennent encore qu’il a joué avec les stars d’antan, Saly Nyolo ou encore Aïcha Koné. Même si, reconnaissant, « Bunda » signale que le 1er promoteur de la Kora fut un certain Almamy Guèye.

LE STATUT DE L’ARTISTE ?

Pour le maître du « Kora Kumoo », avec ses participations remarquables aux « Printemps des cordes », au « Festival contes en couleurs » et autres concerts entre Gorée, Dakar, l’Europe et l’Amérique, faste a été la période 1994 à 2000. Habitué du centre culturel français (actuel ILLS) et de la Maison de la culture Douta Seck dans les années 2000, Lamine Konté est à l’origine des festifs « Kor’Arts » dont la 1ère édition à la MC Douta Seck en 2001 (la seconde en 2003) avait vu la participation de Samba Diabaré Samb au Xalam, Doudou Ndiaye Rose aux sabars, Issa Diao à la flûte traditionnelle et Woula Diao au Riti, entre autres. Ajoutez Lamine Faye à la basse et les voix de Seynabou Sambou et Patricia pour apprécier le cocktail. Aujourd’hui, le « Bunda » est prêt à nous faire revivre cette féérie intitulée « Les Koras parlent » que le journaliste culturel Demba Silèye Dia présentait alors comme un projet de recherche et d’actions pour « revaloriser les instruments traditionnels africains que nos jeunes musiciens ont tendance à négliger. » A signaler que dans le comité d’organisation d’alors, il y avait un certain Hugo Diaz actuellement chargé du Fopica. On retiendra aussi ce témoignage de Babacar Diop (le Quotidien) en 2004 : « dans son voyage à travers l’histoire, il tend la main à Dieu et invoque la paix. La paix en Casamance, en Guinée Bissau, en Côte d’Ivoire, en Sierra Léone, au Libéria. La paix en Afrique et dans le monde ».

DU CONSERVATOIRE AUX STATES

Enseignant contractuel au Conservatoire de musique de Dakar et à l’Ecole nationale des arts du Sénégal, Lamine Konté aura illustré les paradoxes entente/confrontation/unité et tradition/modernité un peu partout, notamment aux Etats-Unis (Arlington et Washington), à Mexico city (Mexique), à Rome (Italie), à Québec (Canada), à Bordeaux (France), à Zurich (Suisse) ou au Maroc (dans le cadre du festival de musique spirituelle). Il aura en outre joué avec des stars aussi prestigieuses que le jazzman Roberto Ottaviano, Sally Nyolo, Aïcha Koné, entre autres. Au plan purement musical, notons sur le compte-rendu d’un spécialiste signant dans le défunt journal « Taxi », comme quoi « la kora est un instrument polyphonique qui s’adapte à tous les modes de jeu ». C’était lors d’un concert au CCF où la Kora dont « Bunda » défend la préservation au titre de patrimoine ouest-africain avait, dit le journaliste, « les dispositions du deuxième violon, dans le quatuor à cordes de l’orchestre classique. Son langage en ostinato permettait à Konté le soliste de dérouler des chants sertis d’onomatopées et d’improvisations ». Ou encore : « le titre ‘Koba’, par son changement de rythme et son allure bi-thématique, est une appréciation de sa séquence d’improvisation issue d’une bonne lecture de la musique noire américaine ». Qui a parlé de retour aux sources du Jazz ? C’est à ce rendez-vous qu’appellent Lamine Konté et ses amis de l’Orchestre national, en février prochain sur les scènes du théâtre national Daniel Sorano, de la Maison de la Culture Douta Seck et de L’Institut Léopold Sédar Senghor (Ex-CCF). Tout au moins…

Fara SAMBE

Le chef-d'oeuvre du peintre nigérian Ben Enwonwu, "Tutu"

ART CONTEMPORAIN :1000 MILLIARDS FCFA EN 2019

71 400 œuvres vendues, pour un total de 1,89 milliards US$ (près 1000 milliards de FCFA). C'est ce qu’aura rapporté l’art contemporain à travers le monde en 2019. Soit un doublement en 10 ans. Selon ArtPrice qui donne l’info, « La moitié des œuvres ont té vendues pour moins de 1 000$ » (500 000 FCFA), ce qui est comparable au marché africain. Le record pour un artiste vivant: a été décroché par Jeff Koons à 91 millions de US$

En résumé, voici les chiffres de ce 21ème Rapport du Marché de l’Art Contemporain, produit par ArtPrice. Ne cherchez pas le Canada dans ce rapport car il est inexistant sur la scène mondiale. Il faut descendre chez nos voisins du Sud qui, portés par une solide demande internationale dominent le Marché haut de gamme, face à la présence forte d’artistes chinois soutenus par leur bouillonnant marché intérieur.

64% du Marché repose sur 50 artistes

Plus de 71 000 œuvres réalisées par près de 22 000 artistes ont été vendues en 12 mois, mais le Marché de l’Art Contemporain a beau être d’une extraordinaire diversité, peu d’artistes ont véritablement “la cote”. La puissance financière du Marché repose en grande majorité sur 500 artistes ultra-performants, dont la vente d’œuvres représente 1,68 milliards de dollars (américains), soit 89% du chiffre d’affaires mondial. Plus de la moitié du résultat mondial (64%) provient de 50 artistes seulement, ceux présentant les investissements les plus compétitifs. Les principaux acteurs du Marché de l’Art Contemporain étant les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, les artistes issus de ces pays sont naturellement les plus efficients aux enchères: 71 des 100 artistes les plus performants sont de nationalité américaine, britannique ou chinoise. Les artistes chinois (33) dominent les américains (28) en nombre, mais la préférence américaine est révélée parmi les 10 meilleurs chiffres d’affaires annuels qui félicitent six américains, et ce par les plus hautes adjudications. L’une des particularités du Marché chinois est la confiance qu’il témoigne aux jeunes artistes. HAO Liang (né en 1983), MI Qiaoming (né en 1986) et JIA Aili (né en 1979) sont les artistes de moins de 40 ans les plus performants à l’échelle mondiale. Cette génération montante est déjà millionnaire sur le Marché des enchères en Chine et à Hong Kong. Le succès de ces trois artistes – qui ont par ailleurs révisé leur record personnel en 2019 – doit tout à la ferveur des marchés chinois et hongkongais. Côté Europe, les artistes les plus performants sont les Italiens Rudolf STINGEL et Maurizio CATTELAN, les Belges Harold ANCART et Luc TUYMANS ainsi que huit artistes allemands, dont Albert OEHLEN qui intègre le top 10 mondial. Son compatriote Anselm KIEFER révise, lui, son sommet au seuil des 4m$ avec The fertile crescent (????), une œuvre majeure de près de 10 mètres vendue non pas à Londres ou à New York, les deux poumons de son marché, mais à Pékin, chez China Guardian (3 juin 2019). Face aux performances des Allemands, dix artistes français se hissent parmi les 500 élus, Robert Combas en tête. A la 50ème place mondiale, Combas a établi son nouveau record en avril avec Hécatombe (1992), une oeuvre vendue 303 700$ chez Cornette de Saint Cyr contre une estimation basse de 101 000$. Si l’artiste intéresse quelques collectionneurs américains et asiatiques, il n’a pas encore percé dans les salles de ventes étrangères et près de 90% de son produit de ventes est français. Il impose, malgré cette lacune, une formidable hausse de prix de +513% depuis l’année 2000. Les contemporains français sont toujours absents des grandes ventes américaines, à l’exception cette année de Daniel BUREN qui commence à se faire une place sur le marché new-yorkais. En l’intégrant à sa vente du 15 mai, Christie’s a signé son nouveau record, près de 2,2 millions de dollars (américains), pour Peinture aux formes indéfinies (1966). Quelques autres signatures s’exportent timidement dans des sessions moins prestigieuses, dont Bernard FRIZE qui a passé les 100 000$ à Londres lors d’une vente de jour de Phillips (103 000$, Verte, 2003, 28/06/2019). Deux artistes originaires d’Afrique du Sud sont représentés parmi les 100 meilleurs produits de ventes: Marlène Dumas (7,7m$) et William Kentridge (3,9m$). Les artistes d’Amérique latine font cruellement défaut parmi les 100 premiers, mais plusieurs se retrouvent classés dans le top 500, dont Gabriel Orozco, Bosco Sodi, Os Gemeos, Beatriz Milhazes, Adriana Varejão, Vik Muniz et Cildo Meireles. Les trois piliers économiques du Marché de l’Art Contemporain sont Basquiat, Koons et Kaws. Ils tiennent à eux seuls 19% du résultat mondial, la vente de leurs œuvres (plus de 900) ayant généré 362,7 millions de dollars en 12 mois.

Les femmes sur le Marché mondial

Les hommes dominent le Marché en nombre comme en valeur. C’est un fait depuis que l’histoire des enchères existe. Il y a 10 ans, six femmes seulement comptaient parmi les 100 meilleurs chiffres d’affaires annuels (Cecily Brown, Cindy Sherman, Jenny Saville, Rachel Whiteread, Marlene Dumas, Sherrie Levine). Les fortes disparités de prix se répercutent encore aujourd’hui dans leurs volumes d’affaires par rapport aux hommes. Les femmes restent aujourd’hui très minoritaires: 12 femmes pour 88 hommes se hissent dans le top 100 des artistes les plus performants. La situation évolue car la place des artistes femmes est devenu un sujet de fond, particulièrement populaire, dans le champ de l’Art et du Marché. Une attention plus grande est portée aux femmes par les institutions, les curateurs, les critiques et désormais par les sociétés de ventes. De timides prises de position émergent, lorsque Christie’s crée un micro-évènement à l’occasion de la journée internationale des Droits de la femme, invitant des experts à présenter leurs œuvres muséales favorites réalisées par des femmes; ou lorsque Sotheby’s teste une petite vente online exclusivement féminine (By Women, For Tomorrow’s Women, 1er mars 2019). L’engagement des sociétés de ventes est essentiel pour espérer un rééquilibrage dans les prochaines années. Pour l’heure, les femmes sont minoritaires dans les sessions d’art d’après-guerre et contemporain de New York. La dernière vente de prestige de Sotheby’s affiche 23% de femmes, celle de Christie’s seulement 10% (15 et 16 mai 2019). Cette sous-représentation se répercute dans le volume des adjudications millionnaires: seulement quatre artistes contemporaines se hissent parmi les 100 adjudications les plus remarquables en 2018/2019. Jenny Saville (7ème/19ème/36ème) est la plus performante, suivie de Julie Mehretu (31ème/92ème), de Cecily Brown (32ème/58ème/72ème) et de Marlene Dumas (93ème).

 

L’Afrique dans le monde de l’art

Après 20 ans de tentatives plus ou moins fructueuses, la création africaine trouve enfin un écho auprès des collectionneurs internationaux. Une nouvelle ère s’ouvre pour cette scène contemporaine qui rayonne désormais à Venise et à New York. Dans le précédent rapport du Marché de l’Art Contemporain (Chapitre “Afrique et diasporas”, 2017/2018), Art Price dressait le bilan de l’extraordinaire croissance de l’art afro-américain et afro-britannique, porté notamment par Kerry James MARSHALL, Njideka Akunyili CROSBY, Adam PENDLETON, Toyin Ojih ODUTOLA, Yinka SHONIBARE, Hurvin ANDERSON et Henry TAYLOR. Leur attention porte cette fois-ci sur les artistes du continent africain, aux cotes certes moins flamboyantes, mais de plus en plus demandés à l’international.

 

Le résumé du résumé

– Le chiffre d’affaires mondial (1,89 Milliards de dollars américains) a doublé en 10 ans

– Les États-Unis et l’Asie se partagent 66% du Marché mondial

– Record absolu de 71 400 œuvres contemporaines vendues

– 21 996 artistes contemporains vendus, contre 10 243 il y a 10 ans

– Près de 20 000 nouveaux records – Record absolu pour un artiste vivant: Jeff Koons atteint 91m$

– Sotheby’s est la première société de ventes mondiale (623m$)

– Seules quatre femmes dans le top 100 des adjudications

– La moitié des œuvres vendues pour moins de 1 000$

– Seulement 3% des œuvres vendues plus de 100 000$

– 284 nouvelles enchères millionnaires

– Un taux d’invendus mondial stable à 39%

– L’indice des prix de l’Art Contemporain progresse de +22%

Soumis par HeleneCaroline. Source: Art Price, leader mondial de l’information sur le marché de l’art 21ème Rapport du Marché de l’Art Contemporain

Dak’art 2020 : Le prix Henrike-Grohs en jeu

L’inscription au concours, lancée pour la deuxième fois par le Goethe institut, se fermera le 15 novembre. Le prix sera décerné en mai 2020 à Dakar, au Sénégal, lors de la quatorzième édition de la biennale de l’art africain contemporain, Dak’art . La participation se fait gratuitement en ligne.

Le Prix d’art Henrike-Grohs vise à apporter un soutien aux jeunes artistes émergents durant leur carrière, en réponse aux défis de l’exercice sur le continent africain. C’est un prix biennal dédié aux artistes vivant et travaillant dans les arts visuels depuis au moins cinq ans. Le gagnant recevra une somme de vingt mille euros ainsi qu’une publication produite sur son œuvre d’une valeur de dix mille euros. Deux artistes ou collectif d'artistes seront sélectionnés comme deuxièmes lauréats et obtiendront un prix de cinq mille euros chacun . Dans le cas d'un collectif d'artistes gagnant, le prix en argent est attribué au collectif d'artistes et non à ses membres. Les lauréats doivent se présenter eux-mêmes pour recevoir le prix. Le comité d’organisation prendra en charge le vol et l'hébergement pour leur séjour. Les candidatures doivent être envoyées en ligne avant le 15 novembre sur le sitewww.henrikegrohsartaward.africa. Toutes les demandes reçues en dehors de cette période ne seront pas prises en compte . Chaque participant ne doit se presenter qu’une seule fois, un collectif d'artistes devra postuler comme s'il s'agissait d'un seul candidat. Toutefois, un artiste appartenant à ce collectif aura le droit de postuler séparément et individuellement comme participant à part entière. Par ailleurs, le comité d’organisation demande à tout participant de bien vouloir lire attentivement le règlement et les conditions avant de soumettre sa candidature. Le Goethe institut est l’institut culturel de la République féderale d’Allemengne. Il a pour but de promouvoir l’étude de la langue allemande à l’étranger et d’encourager l’échange culturel international, contribuer à la promotion d’artistes, d’idées et d’œuvres artistiques, apporter un soutien aux scènes culturelles locales et renforcer le dialogue panafricain à travers les arts qui font partie de sa mission sur le continent africain où il dirige dix-neuf instituts. Ilest aujourd’hui representé dans quatre-vingt-dix-huit pays. Le Prix d'art Henrike-Grohs est biennal, itinerant et conçu par le Goethe institut et la famille Grohs, à la mémoire de l'ancienne directrice du Goethe institut à Abidjan, conseillère en Culture et développement dudit institut d’Afrique du Sud, Henrike Grohs, décédée à 51 ans lors d’une attaque terroriste en Côte d’Ivoire, en mars 2013. Signalons que l'artiste camerounais Em’kal Eyongakpa est le premier lauréat de la première édition 2018.

Source : R. Bindika (pour l’Adiac)

"L’envers du décor" : trois photographes africains à Paris

Le Congolais Robert Nzaou, le Sénégalais Mabaye Dame et le Burkinabé Saïdou Dicko sont à l’honneur, depuis le 19 septembre jusqu'au 19 octobre, à la galerie d’art-Z, à Paris, pour exposer leurs œuvres. Sur le thème « Ombres et reflets », l'exposition est organisée par Olivier Sultan, fondateur et directeur artistique de cette galerie.

L’exposition est conçue par le collectionneur d’œuvres d’art, le plasticien et sculpteur français, Olivier Sultan. Il s'agit d'une initiative passionnante et inspirante qui reflète la diversité de la culture africaine, débarrassée de tout prisme européocentriste à son égard. L’objectif  est de promouvoir la culture contemporaine issue de l’Afrique, dans le respect de son originalité, de ses parcours individuels et singuliers, loin des clichés et des préjugés. « La création artistique se nourrit d’échanges et d’influences réciproques. L’Afrique contemporaine a aujourd’hui pleinement gagné sa place dans le paysage de l’art contemporain international. Les foires, biennales, nombreuses expositions au sein des musées et galeries d’art, ainsi que la côte de leurs œuvres, le prouvent amplement », a déclaré Olivier Sultan. En d’autres termes, "L’envers du décor" est l’un des grands rendez-vous des passionnés ou curieux de la richesse créatrice du continent africain, de son rayonnement artistique à travers le monde. Une rencontre où sont invités les artistes, créateurs, penseurs, professionnels de l’art africain, dont l’une des missions est de dénicher, de mettre en valeur des créations africaines qui manquent de visibilité sur la scène internationale, de pérenniser leur intérêt avec le continent et de dépasser le simple effet de mode. « Depuis trente ans, je suis constamment interpellé par cette distorsion du regard qui ne s’applique qu’envers l’Afrique. L’histoire du colonialisme et les relations politico-économiques encore déséquilibrées à ce jour sont autant de filtres qui empêchent les Européens de porter un regard neutre sur l’art africain », a témoigné Olivier Sultan.  Robert Nzaou et ses œuvres Né en 1976, Robert Nzaou est un photographe autodidacte congolais qui partage son temps entre son pays et l’Afrique du Sud. Il s’ouvre à l’art dans les années 1990, grâce à la poésie urbaine de la ville du Cap, en Afrique du Sud. Ainsi, en 2015, il découvre la photo à travers les travaux de Robert Doisneaux ; Henri Cantier et Robert Franck. « J’ai eu un coup de foudre pour ce médium qui me permettait de raconter les histoires et de rester poète, de développer mon imagination tout en l’inscrivant dans la réalité. La photo de rue est devenue mon crédo et j’ai passé la majeure partie de mon temps à vivre cette passion poétique au plus près des gens et de leur vie », a-t-il expliqué. Photographe multidimensionnel dont l’art a plus de secret et de frontières, Robert Nzaou n’est pas à sa première exposition sur la scène nationale et internationale. Il fait partie des artistes contemporains qui, de par leurs œuvres et leur talent, font la promotion de la culture congolaise à travers le monde. Spécialiste des photos de rue et portraits, il est l’initiateur en 2018 du concept "Congo Brazzaville mon amour’’,  qui fait découvrir son pays sous d’autres angles.

 

C. Dimi pour http://www.adiac-congo.com

ARTISTE : UNE CARRIERE A CONSTRUIRE SUR LE LONG TERME

Béril Nzila est Ingénieur en gestion des industries culturelles, label Manager Afrique chez Believe digital France et formateur à l’Ecole des Beaux Arts de Brazzaville, il dégage dans cet entretien l’intérêt des métiers culturels.

Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C) : Vous faites partie des formateurs retenus par l’IFC de Brazzaville pour la formation aux métiers de la musique urbaine. Peut-on savoir sur quoi vont porter vos enseignements ?

Béril Nzila (B.Nz.) : Le module dont j’ai la charge s’intitule "Industrie musicale". Il s’agit pour moi de montrer aux artistes, managers, beatmakers et à tous les participants l’écosystème de l’industrie de la musique, son environnement et son fonctionnement. Je leur explique le travail dans l’industrie culturelle. Etant artiste, manager, l'on peut développer des projets afin de générer des économies.

L.D.B.C. : Comment définissez-vous alors l’industrie musicale ?

B. Nz. : L’industrie musicale est un lieu où se passe un process industriel pour pouvoir produire et obtenir un produit culturel (…)

 

C’est un nouveau champ d’action que vous présentez…?

Oui. Il faut être optimiste. Aujourd’hui, si je parle des majors qui s’intéressent à l’Afrique, c’est parce que ces structures ont compris que dans nos pays, il y a du potentiel. Et les jeunes au Congo doivent y croire. Pour gagner dans l’industrie de la musique, il faut se former et s’informer. Je suis confiant que nous parviendrons à des résultats probants et, au sortir de cette formation, les artistes pourront s’épanouir dans les prochaines années. Car, la carrière d’un artiste ne se construit pas du jour au lendemain.

 Vous prônez également un festival dénommé Ici c l'Afrik. Qu’en est-il exactement ?

Ici c l'Afrik est un événement créé sur initiative des jeunes congolais qui ont compris qu’il y avait un vide dans le secteur des cultures urbaines. A la création, nous voulions promouvoir le hip hop qui a toujours été marginalisé pendant que les personnes évoluant dans la rumba ou dans les entreprises en local se réapproprient ses codes pour pouvoir faire la musique. Il était alors important de mettre en avant ce genre de musique (…) Ce festival est aujourd’hui à sa septième édition ; il a contribué à la visibilité du Congo à l’international grâce aux artistes locaux qui ont fait la ronde de certains pays du continent et de l’Occident.

 

Source : par A. Tchikabaka ‘pour l’Adiac)

« IncarNations »: L’Afrique de Sindika Dokolo à Bruxelles

L’exposition « IncarNations », à Bruxelles, montre pour la première fois les pièces phares de la collection d’art africain de Sindika Dokolo, dans une scénographie originale.

« Apprenons à nous regarder. Comme dit Césaire, l'art occidental identifie les choses et l'art africain s'identifie. C'est un maître de l'exorcisme qui donne une forme physique à un esprit. On me dit que j'ai deux collections, une d'art classique, une d'art contemporain. En fait, je n'en ai qu'une, car cet art puissant est fait d'objets vivants qui vous regardent en retour jusqu'au fond de votre âme. »

Ainsi parlait l’homme d’affaires congolais Sindika Dokolo, 46 ans, à l’ouverture fin juin de l’événement « IncarNations, African Art as Philosophy » au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar). Ouverte jusqu’au 6 octobre, cette exposition-fleuve invite à une promenade à travers les plus belles pièces de sa collection privée, la plus grande en Afrique. Dans un dialogue curatorial avec le plasticien sud-africain Kendell Geers, d’origine Afrikaner, le collectionneur entend démonter les attentes du public européen, afrodescendant ou pas, vis-à-vis d’une Afrique encore trop souvent fantasmée. Tout tourne autour du concept de nkizi, le fétiche, à la fois objet et esprit. « J’ai fait de tout le musée un nkizi », explique Kendell Geers. Murs vides et oeuvres au centre Aucune oeuvre n’est donc accrochée aux murs, recouverts d’un papier peint agressif à motifs géométriques qui suggèrent l’Afrique. En trompe-l’oeil, on peut y lire les mots « Lie » (mensonge en anglais) et « Believe » (croire). Les oeuvres sont condensées au centre des salles et fixées sur des structures métalliques qui rappellent ces grillages omniprésents en Afrique du Sud. Leur agencement est d’ordre politique : il commence avec des oeuvres traitant de l’apartheid, répondant à des photographies de Stephen Shames du mouvement des Black Panthers aux États-Unis. Les pièces d’art ancien sont disséminées au fil de l’exposition, répondant aux créations contemporaines. « La scénographie vise à casser les idées reçues sur nous-mêmes, Africains, et à tendre des miroirs pour apprendre à se regarder et se célébrer, explique Sindika Dokolo. Il s’agit d’en finir avec le mensonge, ces idées fausses qui marquent tout ce que nous savons ou croyons savoir sur nous-mêmes. Aussi ai-je évoqué un existentialisme africain à l’ouverture de l’exposition. Un thème central à mon sens, dans la mesure où les Africains se définissent d’abord et avant tout par les choix et les actes qu’ils posent. Les Afrodescendants, dans leur immense majorité, pensent que leur histoire a commencé le jour où le Blanc a posé son regard sur un Noir. Le résultat s’apparente à une castration absolue, qui va à l’encontre de toute idée de développement et d’épanouissement. » Sortir des visions binaires n’est pas un pari tout à fait gagné. Lors d’une visite guidée organisée fin août par le collectif afrodescendant Bruxellois Bamko, une visiteuse a apostrophé Kendell Geers sur son « africanité » revendiquée, peu crédible à ses yeux en raison de son statut de dominant, en tant que Blanc. Réponse de l’artiste, qui a dû rappeler ses faits d’armes dans la lutte anti-apartheid et sa période d’exil : « Je suis un Africain, et totalement d’accord avec vous ». Une pléiade de talents Tous les grands noms sont présents, notamment sud-africains et nigérians, avec Yinka Shonibare, Zanele Muholi, Santu Mofokeng, Tracey Rose, etc. En dehors d’une vidéo géante et hallucinée du groupe de hip-hop-rave sud-africain blanc Die Antwoord, réalisée avec le photographe Roger Ballen, le clou de l’exposition, dans sa dernière salle, tourne autour d’une tête Ifé ancienne du Nigeria, que des masques venus de différentes régions regardent, posée sur des miroirs. « Lorsque les Européens ont découvert ces têtes Ifé, un comité scientifique s’est réuni pour dire qu’aucune civilisation non hellène ne pouvait sculpter de cette manière, commente Sindika Dokolo. Le masque en bois, de son côté, n’est pas une œuvre d’art, mais un objet utilisé, avec un rôle, une personnalité. Il est habité. On lui redonne vie avec la volonté d’un libre arbitre, pour le libérer de la sorcellerie coloniale. » Sindika Dokolo, gendre de l’ancien président de l’Angola José Eduardo dos Santos, prend enfin le risque de s’exposer au public. Grâce à ses activités dans le ciment, les télécoms, les mines et le pétrole, il a acquis depuis 2004 plus de 3 000 œuvres d’art. Il refuse cependant d’apposer des chiffres à sa collection, en nombre de pièces ou en valeur marchande. « Accomplir un travail sur soi-même » Acquéreur pour 3 millions de dollars du fonds photographique de la Revue noire, magazine d’art pionnier lancé en 1991 à Paris, il a aussi racheté la collection de l’Allemand Hans Bogatzke. Il a lancé une triennale à Luanda pour montrer les oeuvres au public, s’entourant de l’artiste angolais Fernando Avim et du célèbre commissaire d’exposition franco-camerounais Simon Njami. À la tête de sa fondation, il envisage d’ériger un musée d’art contemporain à Luanda. Un engagement qu’il considère comme politique - un champ dans lequel il a décidé de s’engager en lançant en août 2017 un mouvement citoyen apolitique en République démocratique du Congo (RDC), « Les Congolais debout ». « Les miroirs me semblent intimement liés à l’art, conclut Sindika Dokolo. Je ne définis pas l’art et encore moins l’Afrique, mais je cherche à souligner toute la valeur ajoutée d’un continent, passée complètement inaperçue. En Belgique, on a émasculé cet art africain qui m’émeut tant, en le mettant sous cloche et en faisant abstraction de son contexte et de ses fonctions. Je ne suis pas un gourou. Je dis simplement que l’œuvre qui vous regarde droit dans les yeux jusqu’au plus profond de votre âme vous invite à accomplir un travail sur vous-même. C’est ce qu’on appelle la culture. » Temps fort de la rentrée à Bruxelles, l’exposition devrait tourner ailleurs dans le monde. Riche et non didactique, elle propose divers niveaux de lecture, ouverts à l’interprétation libre du public. Par S. Cessou (pour RFi)

La Côte d’Ivoire se dotera d’un grand parc à salles de cinéma

 Abidjan- S’exprimant le 4 septembre 2019 à Grand-Bassam, à l’ouverture des Rencontres cinématographiques du phare (RECIPH), le vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan, a assuré que la Côte d’Ivoire disposera du plus grand parc à salle de cinéma d’Afrique francophone, avec 14 salles de cinéma et une projection de chiffre d’affaires annuel de 12 milliards de FCFA.

Selon M. Daniel Kablan Duncan, le Gouvernement à jouer sa partition dans la perspective de voir la Côte d’Ivoire se hisser au rang des premières nations dans l’industrie du cinéma. « (…) Le Gouvernement a initié une politique volontariste de soutien au développement de l’industrie cinématographique. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui repositionnée au 5ème rang des pays leaders en matière de cinéma en Afrique. Le cinéma ivoirien est de plus en plus présent et visible dans les festivals à travers le monde où les productions nationales glanent des prix », a-t-il rappelé. Les entrées dans les trois salles de cinéma disponibles en Côte d’Ivoire ont généré un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de francs FCFA.En 2017. Cette première édition des RECIPH été meublées par des projections de films, des prestations de danses, des représentations théâtrales, ainsi que d’un volet scientifique pour réfléchir sur l’implication des collectivités territoriales dans le développement des industries culturelles locales. Elle a été organisée par la mairie de Grand-Bassam en partenariat avec la mairie de Cannes, en France. Durant trois jours. Source: I. Nice (pour AfriqueInfos)

Maroc : l’art témoigne de 13 siècles d’histoire de l’Islam

A partir du 17 octobre et jusqu’au 25 janvier prochains, Rabat, ville des lumières, accueillera «Trésors de l’Islam en Afrique, de Tombouctou à Zanzibar». Cette exposition inédite sera organisée dans trois espaces de la capitale: le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI), la galerie Bab El Kébir et la galerie Bab Rouah. Elle mettra en lumière 13 siècles d’histoire à travers un voyage dans le temps alliant art, archéologie, architecture et ethnographie dont témoignent près de 250 œuvres d’art patrimoniales et contemporaines, provenant de collections publiques et privées du Maroc, d’Afrique et d’Europe. Selon les organisateurs, l’exposition explorera des cultures de l’Islam en Afrique subsaharienne.

Alliant art, archéologie, architecture et ethnographie

Elle s’attache à relater l’histoire de la diffusion de l’Islam en Afrique subsaharienne et à montrer pour la première fois la production artistique de ces sociétés musulmanes», explique-t-on. Ceci étant, l’exposition dresse un parcours en trois axes : les chemins de l’Islam, les gestes du sacré et les arts de l’Islam au sud du Sahara. Le premier axe de l’exposition mettra en exergue les différentes voies de l’islamisation, avec l’Islam qui, dès le VIIIe siècle, pénètre au sud du Sahara par les réseaux commerciaux qui se dessinent à l’est, puis à l’ouest avant de se diffuser par le biais des grandes routes de pèlerinage et des centres du savoir.

Le second axe met en relief, quant à lui, la richesse des pratiques religieuses du continent africain, notamment le rôle des confréries soufies dès les XVIIIe-XIXe siècles. Enfin, le dernier axe invite le visiteur à une expérience portant sur la diffusion de formes et de savoir-faire à travers le continent dévoilant les particularités stylistiques et techniques qui ont contribué au rayonnement des populations du sud du Sahara. Il faut noter que cette exposition est organisée en collaboration avec l’Académie royale du Maroc, l’Institut du monde arabe, le ministère de la culture et la Fondation nationale des musées. Au cours de cet événement, l’Académie du Royaume accueillera une série de conférences, au rythme d’une par mois pendant huit mois, et fera intervenir des experts, des historiens, des professeurs et des chercheurs d’horizons divers. Huit conférences ayant notamment pour sujet «L’islamisation de l’Afrique au Moyen-Âge», «Coran et livres de dévotion au Prophète en Afrique musulmane», et «L’esclavage africain subsaharien dans le système atlantique».

Source : « Aujourd’hui » Le Maroc»

William Kentridge "Self portrait"

Marché de l’art : Boom sud-africain, mais…

Le Marché de l’art africain se joue, pour l’essentiel, au Cap et à Johannesburg, par le biais de sociétés de ventes (…) Si certains parlent d’un véritable “boom” de ce marché, il est essentiel de rappeler qu’il ne représente que 0,3% du volume d’affaires mondial, une goutte d’eau dans l’océan.

Mais il est vrai que ce marché est de plus en plus mature, porté par une bonne adéquation entre l’offre et la demande puisque le taux d’invendus sud-africain (36%) rejoint la norme mondiale et que de nombreux développements récents sont encourageants, comme l’ouverture, il y a deux ans, du Zeitz Museum of Contemporary Art Africa. Ce Tate Modern africain a déjà grandement participé au rayonnement culturel du Cap et aux artistes récemment exposés, dont Kudzanai Chiurai, Nandipha Mntambo et Zanele Muholi. Ces trois artistes commencent à bénéficier de transactions intéressantes sur le marché intérieur d’Afrique du Sud, avec un relais assuré à Londres par Sotheby’s et par Phillips. Le marché haut de gamme (plus de 100 000 $) repose quant à lui essentiellement sur trois artistes modernes – Alexis Preller (1911-1975), Irma Stern (1894-1966), Jacob Hendrik Pierneef (1886-1957) – et sur un contemporain emblématique, William Kentridge.

Kentridge, le pilier du Marché.

William KENTRIDGE est un pilier essentiel pour les résultats du marché de l’art contemporain d’Afrique du sud. Il est, à ce jour, le seul artiste contemporain Sud-africain capable de passer régulièrement le seuil des 100 000 $ aux enchères dans son pays. Ses résultats obtenus ces derniers mois à Johannesburg démontrent par ailleurs combien la demande se renforce sur place. Le 28 octobre 2018, pour la première fois, un grand dessin au fusain y partait pour plus de 450 000 $ à Johannesburg (Drawing from Stereoscope (Double page, Soho in two rooms), Aspire Art Auction). Pourtant, l’artiste a déjà passé le seuil du million à New York. Son marché a pris une nouvelle dimension après une rétrospective au MoMA en 2010. Quelques mois après cette exposition, Kentridge comptait parmi les plus cotés au monde dans le domaine particulier de l’art vidéo, avec la vente de son installation Preparing the flute pour 602 500 $, au triple des meilleures estimations (le 11 mai 2011, Sotheby’s à New York). L’exposition au MoMA fut indéniablement un élément déclencheur sur la hausse de ses prix. Deux ans plus tard, son œuvre Procession plantait un record spectaculaire à New York : plus de 1,5 m$ contre une estimation haute de 400 000 $.

L’indice des prix de Kentridge a progressé de +576 % depuis son exposition au MoMA en 2010.

Marlène Dumas, la croissance se poursuit

Contrairement à son compatriote Kentridge – qui vit et travaille toujours dans son pays d’origine – Marlene DUMAS est installée à Amsterdam depuis 40 ans. La structure de leur marché diffère aussi grandement : près de la moitié du chiffre d’affaires de Kentrigde provient d’Afrique du Sud contre 22 % aux Etats-Unis (depuis 2017), tandis que Marlène Dumas est sous-représentée sur le marché africain, si ce n’est pour des œuvres mineures. Ses meilleures pièces sont revendues à New York (77% de son volume d’affaires et 21% à Londres). Représentée par la très internationale galerie David Zwirner (personnalité la plus influente de l’art contemporain en 2018 selon le “Power 100” d’Artreview), Marlène Dumas est très demandée en salles des vente. La croissance du prix de ses œuvres est par ailleurs phénoménale – + 929 % depuis 2001 – bien plus vive que pour Kentridge. Son record est lui aussi nettement supérieur depuis la vente, en 2008, de la toile The visitor pour la coquette somme de 6,3m$ (Sotheby’s Londres).

• 100 $ investis en 2001 dans une oeuvre de Marlene DUMAS valent en moyenne 1 029 $ (+ 929 %) en juillet 2019. Pourtant, son record d’enchère n’a pas été rafraîchi depuis 11 ans.

Outre ces deux stars du Marché, plusieurs artistes sud-africains se démarquent à travers l’excellence de leur pratique photographique. En salles, un véritable engouement est manifeste pour certains d’entre eux, en passe de conquérir les salles de ventes internationales

Des photographes de premier plan

L’Afrique du sud a vu naître des photographes de premier plan, des artistes humanistes, engagés et critiques dont la renommée dépasse largement les frontières du continent. Les œuvres de David Goldblatt, Pieter Hugo ou encore Guy Tillim, sont plébiscitées dans le monde entier. Considéré comme le père de la photographie sud-africaine, David GOLDBLATT est décédé en juin 2018, à l’âge de 88 ans, peu après la rétrospective qui lui était consacrée au Centre Pompidou à Paris (plus de deux cents photographies exposées entre février et mai 2018). Pour Bernard Blistène, le directeur du prestigieux musée, Goldblatt est l’un “des plus grands photographes de la seconde moitié du XXe siècle”. Pendant 70 ans, il a traité de ce quotidien tissé par les inégalités et les injustices d’une société sous l’apartheid. Il fut aussi le premier sud-africain honoré d’une exposition au MoMA à New York (1998) et reçut par la suite plusieurs prix importants dont le Hasselblad Award en 2006 et le prix Henri Cartier-Bresson en 2009. Pour autant, ses œuvres ne sont pas sur-cotées. Bien au-contraire puisque le record d’enchère de ce “fondateur” se hisse à 25 000 $, prix maximum obtenu pour un tirage vendu par la société Strauss & Co en février 2018 (The road to Nqondwana, Transkei, 2007, Le Cap). David Goldblatt est ardemment défendu par la Goodman Gallery, qui exposait encore récemment son travail à Johannesburg avec Peter Magubane ; puis lui rendait hommage en lui consacrant tout son stand lors du dernier salon Paris Photo. L’empreinte de l’artiste est d’autant plus forte qu’on lui doit la fondation, sous l’apartheid, du Market Photo Workshop, une école de référence, un pivot pour la formation des photographes sud-africains d’aujourd’hui. Un autre photographe incontournable fait parler les acteurs du marché : l’immense Pieter HUGO est représenté par la Stevenson Gallery et bénéficie d’un relais de diffusion via des galeries en Allemagne (Priska Pasquer), aux Etats-Unis (Yossi Mila Gallery) et à Londres (We Folk). Il a exposé dans les musées du monde entier et reçu de nombreux prix pour son travail orienté sur la diversité raciale, les disparités économiques en Afrique du Sud, les marginaux, les aveugles, les albinos ou les malades du sida. Plusieurs séries sont devenues emblématiques, notamment ses puissants clichés des dresseurs de hyènes ambulants au Nigéria (The Hyena and other men, Des Hyènes et des hommes). Les photos de cette série sont très recherchées. C’est à l’une d’elles, saisissant un dresseur accompagné d’une petite fille juchée sur le redoutable animal, que l’artiste doit son récent record. Estimée moins de 28 000 $, la photo s’est envolée pour 76 000 $ en mai dernier chez Christie’s, à Londres (Mummy Ahmadu and Mallam Mantari Lamal with Mainasara, Abuja, Nigeria, Abuja, Nigeria, 2005, Ed. 8 / 9, vendue le 17 mai 2018.) Parmi la génération montante en Afrique du sud, on ne peut manquer de citer Athi-Patra RUGA (représenté par la Whatiftheworld Gallery au Cap) et son formidable travail sur l’identité Queer. L’artiste s’est vu récompensé, en 2017, par le prix Seydou Keïta lors des 11e Rencontres de Bamako, pour sa série desQueens in Exile. Ses plus belles photographies comme ses tapisseries (récemment exposées à la Fondation Vuitton à Paris pour Art Afrique) valent plus de 20 000 $ en Afrique du Sud, tandis que son marché s’ouvre sur la France et le Royaume-Uni. Citons enfin les jumeaux Hasan et Husain Essop : les trentenaires ont notamment participé à l’exposition After the Thrill is Gone: Fashion, Politics, and Culture in Contemporary South African Art, qui s’est tenue au MoAD de San Francisco l’an dernier. Leurs sujets de prédilection rencontrent la culture, la politique et le rapport à autrui. Les frères se mettent en scène dans des clichés encore peu coûteux (moins de 5 000 $ pour de grands formats), mais leur notoriété grandissante mène leurs prix sur une pente ascendante dans les salles de ventes africaines. Leur présence dans les catalogues londoniens n’est plus qu’une question de temps.

Source : artmarketInsight, le 30 juillet 2019

EXPOSITION : ALIOUNE DIAGNE A PARIS

Alioune Diagne, artiste sénégalo-français, créateur du mouvement du figuro-abstro, présente PERCEPTIONS, sa première exposition parisienne au 80 bis rue de Turenne (Paris 3e), avec le soutien de We Art Partners. À travers ses œuvres, il montre l’Histoire, la réalité des comportements, l’innocence des enfants, ce qu’ils apprennent et ce qu’ils vivent. La dimension libre de sa pratique lui permet de créer des oeuvres profondément personnelles, parfois même autobiographiques. Artiste à la fois sensible et perfectionniste, Alioune Diagne alterne entre œuvres très émotionnelles et oeuvres de recherche picturale et plastique. On retrouve toujours une part importante de lui dans ses tableaux. Son histoire, et celle de l’Afrique, est ce qui l’aide à retranscrire ses émotions sur le tableau, elle lui sert de base de représentation.

Famille Sahélienne

Bénin : Lissang’Art promeut sept peintres

 La campagne a été lancée, en juillet de l’année dernière, au Bénin. Pendant un mois, Jimas Josué Ametonou, Albert Sourou Oke, Tiburce Chetangni, Valentin Zedahouan, Mouta’al Abdoul Abou et Augustin Kouévi Adjogou du Bénin et Gaëlle Louisette Bilongo, une artiste venue du Congo, avaient pu investir la salle d’exposition du sous-sol du Best Western de Cotonou. Par cette exposition collective itinérante, près d’une trentaine d’œuvres d’arts plastiques avait été soigneusement exposée. Mardi 9 Juillet 2019 Le Congolais Soucel Pressyeud N’Souza, président de Lissang’Art, explique que cette promotion était partie du constat que l’art africain demeure, jusqu’à ce jour, un art descriptif donnant un large aperçu des expériences relatives aux ateliers de l’époque du colonialisme. Au Congo, par exemple, la référence est l’empreinte de Pierre Lods, de 1951 à 1960, à l’école de peinture de Poto-Poto, à Brazzaville. Hormis ces espaces, les possibilités de circulation et de réception des œuvres d’installation dépendent, le plus souvent, de l’implication d’institutions culturelles. La plupart des installations sont proposées lors des manifestations ponctuelles. En somme, la circulation des œuvres d’installation est plutôt liée à l’événementiel. Dans ces conditions, face à l’art contemporain, il estime qu’en Afrique, le public, dans sa grande majorité, a un niveau de connaissance et de compréhension quasi-inexistant. La diffusion des œuvres devrait constituer le reflet de nos sociétés en rapport avec nos traditions. « Il est question de sortir généreusement ces œuvres des ateliers et de les donner à découvrir et contempler à travers le monde. Après le Bénin, la deuxième étape, c’est la France », précise le président. Pour ce nouveau périple de vulgarisation, intitulée « L’essence de la beauté », l’association proposera une vitrine d’œuvres issues de techniques variées telles que peinture acrylique, à l’huile, à l’eau, des aquarelles, des pastels et collages, entre autres. De cette pratique contemporaine multiforme, chaque artiste y est allé de son propre style pour partager librement ses positions sur ce thème de l’exposition. « Nous recherchons des partenaires et l’espace approprié pour exposer », confie le Congolais qui prévoit d’organiser une exposition dans son pays sur la traite négrière à partir de l’embarcadère de Loango.

 

LES FEMMES VUES PAR LAYE KA

La Galerie nationale a ouvert ses cimaises à un connaisseur dont l’œuvre présentée est illustrative de la dernière quinzaine consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes. Laye Kâ a été choisi par le commissaire Babacar Mbaye Diop et le scénographe Ablaye Mbaye, pour un parcours sur les traces de beautés marquées chacune par son histoire personnelle qu’on lit en filigrane dans les poses suggestives et haptiques. Nul ne peut rester indifférent après avoir vu l’énigmatique « Altiné » ou l’imposante « Bigué » et leurs sœurs. Sans compter les recherches personnelles qui préfigurent chez Laye Kâ une démarche vers des paliers inédits.

Professeur d’arts à Kolda, par ailleurs peintre et maître du dessin, Laye Kâ égrène une galerie de portraits dans une démarche esthétique très académique. Revenant à ses débuts et ses souvenirs de l’Ecole nationale des arts qu’il fréquenta de 2002 à 2006, ce virtuose des compositions chromatiques « pose » ses femmes. Pour dire qu’elles ne prennent pas la pose, puisque le créateur travaillant dans les difficultés et l’éloignement de la région Sud ne fait que s’inspirer des attitudes de femmes. « Ce ne sont pas des portraits de modèles, dit-il en substance, je m’inspire juste d’images, de photographies qui me touchent par l’attitude de ces femmes ». Pourtant, bien qu’il respecte une harmonique académique, ses modèles occupent souvent le tiers inférieur gauche, et non le haut du tableau où il exerce un art consommé de la recherche chromatique. Jusqu’à ce jeu de clair obscur dans « Femme vue de dos » où l’ombre projetée semble distraire tout en donnant plus de densité au dos nu cachant un bout de sein.

L'art des compositions 

C’est dire que par ce travail autour du thème « Identités féminines », les compositions sont tout aussi époustouflantes, dans le rendu coloré que par les abstractions qui emplissent l’œuvre de « non-dits ». D’autant que cet artiste a été influencé, d’une part pour le vécu, par son enfance entre des femmes (sa grand-mère et ses deux filles qui l’ont élevé en l’absence de la maman disparue), d’autre part pour la démarche plastique, par l’approche abstraite de son mentor, Séa Ndiaye alors à la Maison du patrimoine. Laye Ka en a tiré une maîtrise de son art à double entrée : le dessin dans lequel il excellait dans sa jeunesse et la peinture abstraite qui s’impose entre lignes et formes dans des compostions aussi abouties que « Toilette de femmes », « Femmes aux balluchons », « La Penseuse » ou « Hélène ». Des tableaux d’où se dégage une profonde mélancolie. Nul sourire ou rire, des regards pensifs plutôt, comme des douleurs refoulées. Entre « Korka », « Ndeba », « Tenning », « Kenn Bougoul », « Ndatté et « Debbo », Laye Kâ interpose un seul tableau sur modèle. Et d’avouer : « oui, celle-ci est la reprise d’une vieille photographie trouvée avec ma grand-mère ; mais j’au eu beau demander, je ne sais toujours pas qui c’était ». Il l’a justement baptisée « L’inconnue ». Alors que « Toilettes de femmes » le rapproche du peintre Degas, après des bustes de femmes chacune plus belle que l’autre, quelques demi « nus » assez osés (« Jeune femme vue de dos » ; « Jeune fille à genoux »), Laye Kâ se libère à travers des « Silhouettes » d’un genre tout à lui, jusqu’aux ombres de « La marche » et autres figurines, qui ne sont pas sans rappeler son aîné devenu sculpteur, feu Ndary Lô. Travaillant ses compositions généralement à l’acrylique sur toile, avec quelques techniques mixtes dont des recherches de couleurs (café, bleu de linge), Laye Kâ qui dit s’être également inspiré des pagnes traditionnels superposés, développe des touches propres : carrés de couleur juxtaposés, lignes…C’est alors que jaillit la lumière, lorsque des lignes tracées au crayon, il en arrive aux codes barre piqués sur des cartons et collés puis travaillés. C’est de l’Identité retrouvée dans un rendu délicat, au bout d’un travail fastidieux. Pourtant le clou vient d’une trouvaille qui le singularise davantage. La rançon du labeur, puisque dit-il, en l’absence de l’épouse occupée au boulot, resté seul à s’occuper de leur enfant en bas âge, il dessinait au crayon ou au stylo bille, des miniatures qu’il utilise aujourd’hui pour en tirer des collages saisissants : « Xippi » et « Taxaw Temm » pour boucler. Il confie justement que le Doyen Pape Mballo Kébé lui a conseillé d’approfondir cette approche qui le distingue de tous. Nous avons rencontré Laye Kâ à la Galerie Nationale (17-30 juin 2019), en exposition individuelle, à côté d’artistes invités comme Séa Diallo (sublime !) et Malick Mbow (puissant !). En le quittant, nous sommes est tombés sur « Bigué », une exception dans la série des femmes marquées. « Elle s’impose, n’est-ce pas ? », demande-t-il en souriant sous la barbichette. Chut ! Il faut aller voir soi-même. 

Fara SAMBE

 

 

Ventes : Le Top des femmes

 Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications pour vous permettre de décrypter les grandes tendances du Marché de l’Art. Le point cette semaine sur les plus meilleurs résultats de l’histoire des enchères pour des artistes femmes. Les dix meilleurs résultats jamais enregistrés pour des femmes donnent trois adjudications à Georgia O’Keefe, autant pour Louise Bourgeois et Joan Mitchell, et une pour Jenny Saville, la seule artiste vivante du classement. Soit deux américaines, une franco-américaine et une britannique pour des enchères signées dans 90% des cas à New York, le record de Jenny Saville étant le seul en provenance de Londres. Le Top révèle par ailleurs que la revalorisation des artistes femmes est récente, les dix meilleurs résultats de l’histoire ayant été obtenus sur les cinq dernières années, avec une accélération évidente en 2018-2019 (six des 10 meilleures enchères ont été signées sur cette période). La cote des femmes est donc en train de grimper, c’est indéniable, tandis que le fossé reste immense face à leurs homologues masculins.

Georgia O’Keefe : artiste femme la plus cotée 44,4 m$ : c’est le prix obtenu en 2014 pour une œuvre de Georgia O’Keefe dans le cadre d’une vacation de Sotheby’s à New York. Ce record – le plus important jamais enregistré pour une artiste femme – hissait l’américaine à la 41e place mondiale de l’année 2014, selon un produit de ventes annuel de 56,9 m$. Ce record n’a pas été détrôné depuis mais O’Keefe a encore fermement agité les enchères l’année dernière, grimpant à la 38e mondiale avec 56,7 m$ d’oeuvres vendues sur l’année 2018. Ses œuvres sont rares aux enchères, le musée Georgia O’Keefe à Santa Fe (Nouveau-Mexique) détenant plus de la moitié des œuvres. Artiste américaine et véritable mythe dans son pays natal, Georgia O’Keefe est presque exclusivement collectionnée aux États-Unis.

Louise Bourgeois : sculptrice la plus chère du monde Le record de Louise Bourgeois est le plus récent de ce classement. Il a été martelé à 32 m$ le 15 mai dernier pour une emblématique sculpture en bronze : une Spider de plus de 7 mètres de diamètre, le numéro deux d’une édition de six (plus une épreuve d’artiste, une variante unique en bronze et une sculpture unique en acier). Le numéro 3/6 de cette araignée monumentale tenait le record précédent de l’artiste à 28 m$. Pour la première fois dans l’histoire, une sculptrice passe les 30 millions de dollars. Jeff Koons passait lui, le même jour, 90 m$ avec sa sculpture chromée Rabbit (Ed. 2 / 3 + 1 AP). Près de 50 millions de dollars les séparent.

Mitchell : première peintre abstraite à l’actualité brûlante L’oeuvre de Joan Mitchell – expressionniste abstraite de la seconde génération – n’a pas fini d’imposer sa puissance. Portées par la galerie David Zwirner qui représente officiellement l’artiste depuis mai 2018, ses œuvres sont actuellement exposées dans la galerie new-yorkaise du grand marchand jusqu’au 22 juin 2019. L’exposition retrace quarante années de son travail. Ce n’est pas tout puisque le Musée d’art de Baltimore (BMA) et le Musée d’art moderne de San Francisco (SFMOMA) ont annoncé une rétrospective majeure de l’œuvre de Mitchell en 2020, exposition qui voyagera l’année suivante au musée Guggenheim de New York. La demande n’a pas fini de croître pour cette artiste majeure dont la cote est au plus haut. La progression de son indice des prix est remarquable : +1 645% depuis l’année 2000.

Saville : première artiste vivante Peintre associée aux Young British artists, Jenny Saville offre une vision du corps détachée des conventions sociales et du modèle phallocentrique. Une peinture puissante et féministe qui récoltait un record de prix à 12,5 m$ l’année dernière chez Sotheby’s Londres, pour le monumental nu intitulé Propped (1992). L’adjudication de cette toile a marqué un tournant dans l’histoire des enchères : en passant pour la première fois le seuil des 10 millions de dollars, Jenny Saville est devenue l’artiste femme vivante la plus chère au monde.

 

Rang Artiste Adjudication ($) œuvre Vente

 

1 Georgia O’KEEFFE (1887-1986) 44 405 000$ Jimson Weed/White Flower No. 1 2014-11-20 – Sotheby’s, New York ``

2 Louise BOURGEOIS (1911-2010) 32 055 000$ Spider 2019-05-15 – Christie’s, New York

3 Louise BOURGEOIS (1911-2010) 28 165 000$ Spider 2015-11-10 – Christie’s, New York

4 Joan MITCHELL (1926-1992) 16 625 000$ Blueberry 2018-05-17 – Christie’s, New York

5 Louise BOURGEOIS (1911-2010) 14 679 200$ Spider Iv 2017-11-16 – Sotheby’s, New York

6 Joan MITCHELL (1926-1992) 14 037 500$ 12 Hawks at 3 O’Clock 2018-11-13 – Christie’s, New York

7 Georgia O’KEEFFE (1887-1986) 13 282 500$ A Street 2018-11-14 – Sotheby’s, New York

8 Georgia O’KEEFFE (1887-1986) 12 933 000$ Lake George Reflection 2016-05-19 – Christie’s, New York

9 Jenny SAVILLE (1970) 12 490 583$ Propped 2018-10-05 – Sotheby’s, Londres

10 Joan MITCHELL (1926-1992) 12 192 500$ Hans 2019-05-15 – Christie’s, New York Source : artprice.com

Musée des arts contemporains à Ouidah au Bénin

FOCUS V2A

LES FONDS PRIVES A LA RESCOUSSE

Cet article de novembre 2018 mérite l’attention en ce sens qu’après avoir constaté un regain d’intérêt pour l’art africain contemporain, il pose la question cruciale du financement. Notamment après que des fonds privés avaient permis de palier le manque de financements publics, avec l’ouverture de deux nouveaux musées dédiés,  le Zeitz, dans la ville du Cap et à Ouidah au Bénin, grâce à la Fondation Zinsou

Hausse des prix aux enchères, ouvertures de musées, de galeries, créations de foires d’arts… Autant d’indices qui attestent d’un engouement de plus en plus fort pour l'art contemporain africain. «Florissant» est un mot souvent utilisé pour décrire le marché de l’art contemporain africain (...) « l’art contemporain d’Afrique » comme le dénomine Victoria Mann, la directrice d’AKAA. « Je préfère utiliser cette appellation car je trouve qu’elle représente mieux la diversité de tous ces artistes. Ils sont tous unis par un lien avec ce continent, qu’il soit familial ou simplement par passion », explique la spécialiste d’origine franco-américaine. Afrique du Sud et Nigéria, locomotives économiques du marché À chaque artiste sa thématique, souvent engagée, où la filiation tient une place importante. C’est le cas de l’artiste cubaine Susana Pilar, qui exposera plusieurs photos familiales de mariage pour raconter son histoire personnelle liée à différents continents. Tariku Shiferaw a quant à lui décidé d’associer musique et origines. Né en Éthiopie, puis parti avec sa famille s’installer aux Etats-Unis, il réalise de la peinture abstraite au rythme du jazz, musique aux origines afro-américaines. Phyllis Galembo, une artiste américaine, explore la thématique du carnaval pour aborder le sujet de la transmission de traditions aux accents politiques, artistiques, sociaux et religieux. Quel lien entre l’Argentine et le Zimbabwe ? Le photographe argentin, Marcelo Brodsky, établit un parallèle entre les instabilités politiques entre les deux pays. Des artistes à découvrir tout au long de la foire d'art AKAA. En 2017, la Fondation Louis Vuitton consacrait la totalité de ses espaces ainsi qu’un dense programme pluridisciplinaire à l’Afrique : « Art/Afrique, le nouvel atelier » regroupait ainsi deux expositions, « Les Initiés », un choix d’œuvres (1989-2009) de la collection d’art contemporain africain de Jean Pigozzi et « Être là », une scène contemporaine, auxquelles s’ajoutait une sélection d’œuvres de la collection de la fondation. Autre indicateur de l'engouement pour «l'art contemporain d'Afrique», la hausse des prix de ventes aux enchères atteste également d’une nouvelle notoriété. Si les prix d’achat sont encore loin des ventes records («Balloon Dog (Orange)», de Jeff Koons, vendu 58,4 millions de dollars en 2013, «Portrait of an Artist (Pool with two Figures)» de David Hockney, mise en vente et estimée à 69,1 millions d'euros), elles peuvent néanmoins atteindre des sommets. « Ce nouveau marché est en plein boom et les records sont exponentiels », commente Jean-Philippe Aka, marchand d’art et fondateur de l’entreprise de conseil en arts, Africa Art Market. À titre d’exemple, l'œuvre « Retopistics : A Renegade Excavation » de l’artiste Julie Mehretu, a été vendue en 2013 pour 4,6 millions de dollars. Au cours des cinq dernières années, les investissements des collectionneurs dans l'art africain sont estimés entre 300 à 400 millions de dollars américains, d’après le Global Africa Art Market Report 2016. Malgré un intérêt mondial et une renommée croissante des artistes, le profil des acheteurs reste encore en majorité intercontinental. « Même si on trouve des acheteurs un peu partout dans le monde, amateurs d'art africain, on observe une concentration d'acheteurs en Afrique du Sud, au Nigéria et de plus en plus au Maroc », précise Jean-Philippe Aka. Rien d'illogique : ces pays concentrent une grande part de la richesse du continent. Sur les sept milliardaires africains, recensés dans le classement 2017 de l’agence Bloomberg, trois sont Sud-Africains et deux Nigérians. En matière de PIB (produit intérieur brut) le Nigéria (581 milliards de dollars) est le pays d’Afrique le plus riche, loin devant l’Afrique Sud (276 milliards de dollars), d’après la Banque africaine de développement (la BAD). Des initiatives à seuls fonds privés Ce processus de développement n’a rien d’inhabituel selon Victoria Mann : « Les investissements culturels locaux sont nécessaires pour ancrer un art dans un rayonnement à plus large spectre. » Plusieurs villes font figure de phare culturel : le Cap et Johannesbourg en Afrique du Sud, Lagos au Nigéria, Dakar au Sénégal, Casablanca et Marrakech au Maroc, Abidjan en Côté-Ivoire, ou encore Cotonou au Bénin… À travers le continent, les expositions se développent, de nouvelles foires d’art voient le jour, des musées se créent. Ces initiatives sont autant de preuves d’un art en plein extension.  L’année dernière, la ville du Cap inaugurait un nouveau musée, le Zeitz, entièrement dédié à l’art contemporain africain. Autre exemple, en 2013, avec l’ouverture d’un musée du même type à Ouidah au Bénin, la Fondation Zinsou. Situé à une quarantaine de kilomètres de la capitale, cette ville chargée d’histoire, connue notamment pour son rôle dans la traite des esclaves de l'Atlantique, est une preuve supplémentaire d’un art engagé. Point commun entre toutes ces initiatives : elles sont seulement financées par des fonds privés. Un frein pour l'expansion de l'art africain d'aujourd'hui ? Victoria Mann ne cache en tout cas pas un regret : le manque actuel d’investissement des gouvernements africains pour promouvoir la richesse culturelle du continent.

Source : Tendances, 02/11/2018 - par Julien Morin

Les arts plastiques au Sénégal

Malgré leur jeunesse, les arts plastiques sénégalais ont connu une histoire riche, animée par des acteurs talentueux, mais dont la lecture correcte requiert le recours à des repères et à une périodisation.  Trois périodes peuvent être distinguées au cours de cette courte histoire : - la première période s’étend sur les deux premières décennies (1960-1980) ; elle est dominée par L’Ecole de Dakar ;  - la seconde période, de 1981 à 1997, est celle de la rupture ;  - la troisième période, de 1998 à 2010, est celle des installations, des plastiques urbaines et des techno-arts.

 

 

1. REPERES HISTORIQUES En 1960, année de l’indépendance nationale, les Beaux-Arts, de type occidental, n’existaient pas au Sénégal ; seules existaient à Dakar deux académies privées de peinture, celles de Maître Cusson et de Charles Biet, dont les pensionnaires étaient principalement des enfants d’expatriés européens ; le Conservatoire de Dakar, créé en 1948 par l’avocat français Paul Richez, ne formait que des musiciens et des comédiens.  En deux décennies (1960-1980), le Président Léopold Sédar Senghor fait advenir, grâce à sa détermination, de nouveaux arts modernes, conformément à son projet d’ « un art nouveau pour une nation nouvelle », projet formulé très tôt.  En effet, critique d’art et mécène, collectionneur et surtout Chef d’Etat doublé d’un théoricien et idéologue, Senghor conçoit et oriente, définit les principes, impulse et organise la politique et l’action de l’Etat en direction des arts et de l’école des arts et, d’une manière générale, en direction de la culture.  Dans ce domaine comme dans les autres aspects de la vie nationale, Senghor conçoit et bâtit tout conformément à son idéologie, la Négritude, qu’il définit comme idéologie nationale, démocratique et socialiste, et dont les deux axes fondamentaux sont l’enracinement et l’ouverture.  Dès 1959, il fait revenir au pays et affecte à la Maison des Arts du Mali, qui avait été substituée au Conservatoire de Dakar, le jeune peintre Iba Ndiaye, formé en France depuis 1948.  En 1960, la Fédération du Mali disparaît ; la Maison des Arts du Mali est remplacée par l’Ecole des Arts du Sénégal. Senghor y fait affecter la même année Papa Ibra Tall, second peintre sénégalais formé en France.  En cette même année 1960, Pierre Lods séjourne à Dakar sur invitation de Senghor, afin de voir ce qui se fait à l’Ecole des Arts. L’année suivante, Senghor l’y fait affecter.  En 1963, Senghor parvient à faire revenir au pays André Seck, sculpteur moderne formé en Belgique, et le fait intégrer l’Ecole des Arts.

 

 

Source: Critique d’art : HISTOIRE DES ARTS PLASTIQUES SENEGALAIS CONTEMPORAINS Abdou SYLLA

 I Ethiopiques n°87.  Littérature, philosophie et art  2ème semestre 2011 

Le 1er Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar

Dès 1959, Iba Ndiaye crée une section « arts plastiques » dans la Maison des Arts du Mali et y initie la formation en peinture.  A son arrivée, Papa Ibra Tall crée lui également en 1960 une section « recherches plastiques nègres » de formation « libre » en peinture ; en 1964, il crée au sein de cette section un « atelier de tapisserie », qui est transformée en 1966 en « Tapisserie nationale » et transférée à Thiès.  Cette « Tapisserie nationale » est transformée en 1971 en « Manufactures sénégalaises des Arts décoratifs » (MSAD).  En 1966, est organisé le « Premier Festival mondial des Arts nègres » à Dakar, évènement majeur dans la vie des arts.  Les progrès enregistrés à l’Ecole des Arts en quelques années et les succès de ses élèves au « Premier Festival mondial des Arts nègres » incitent les autorités de l’Etat à réformer l’Ecole en 1972 ; l’Institut national des Arts lui est substitué et regroupe toutes les structures de formation artistique de cette époque : Conservatoire, Ecole d’architecture et d’urbanisme et Ecole des Beaux-Arts.  En 1979, l’Ina est éclaté en établissements autonomes et éparpillés dans la ville de Dakar. Le Conservatoire est logé à l’avenue Faidherbe ; l’Ecole d’Architecture et d’Urbanisme à Castors, l’Ecole normale supérieure d’éducation artistique (Ensea) et l’Ecole nationale des Beaux-Arts (Enba) d’abord maintenues au Plateau, puis transférées à Bop, ensuite au Point E, etc.  En 1990, la Biennale des Arts et des Lettres est créée par le Président de la République et sa première édition, consacrée aux Lettres, est organisée cette année-là. L’édition suivante de 1992 est consacrée aux arts plastiques ; en 1996, elle devient Biennale de l’Art africain contemporain, désormais exclusivement consacrée aux arts plastiques.  En 1995, une nouvelle réforme intervient et fusionne toutes les écoles de formation artistique du pays : Consertvatoire, Enba, Ensea, Institut de Coupe, couture et mode. Auparavant, l’Ecole d’architecture et d’urbanisme avait été supprimée à la fin de l’année académique 1990-1991. Une dernière réforme en gestation depuis quelques années (2004) devrait assurer la jonction entre la formation artistique et l’enseignement supérieur.

2. L’ECOLE DE DAKAR (1960-1980)

En faisant créer des arts sénégalais modernes, conformes à son idéologie, la Négritude, Senghor nourrissait une ambition : faire advenir une Ecole de Dakar, illustration en même temps que preuve du bien-fondé et de la véracité de ses conceptions. Selon certains critiques, il aurait embarqué son équipe pédagogique dans cette entreprise, à l’insu de certains ou malgré eux.  Ainsi, chacun de ces Grands Maîtres a joué un rôle plus ou moins décisif dans le développement et l’affirmation de cette Ecole de Dakar.  Le premier d’entre eux, Iba Ndiaye, est réputé avoir été un praticien laborieux et rigoureux, consciencieux et intransigeant, qui refusait toute concession à la facilité et rejetait tout folklorisme ; ses options personnelles l’orientaient constamment vers un travail sérieux et, dans la section « arts plastiques » où il formait des jeunes à la peinture, son ambition, déclinée très tôt, a toujours été de former des techniciens de la peinture, qui maîtrisent les secrets de leur métier avant toute autre considération.  C’est pourquoi, sur la base de principes et d’une pédagogie rigoureuse, il a développé des enseignements dont l’objectif prioritaire était la maîtrise des techniques de peinture .  Cette intransigeance du maître dans ses options et exigences sans équivoque en matière de formation artistique était aux antipodes des options et exigences qui prévalaient dans l’autre section, de « recherches plastiques nègres » qui, elle, paraissait bénéficier des faveurs et attentions de Senghor. D’où le sentiment d’isolement qu’il éprouve, d’autant que, pendant les nombreuses années de présence à l’école, son combat n’était pas reconnu ni ses idées en matière de formation partagées. C’est ce qui, sans doute, l’aurait contraint à l’exil à partir de 1967.  La position de Iba Ndiaye par rapport à l’Ecole de Dakar a été réservée, car il ne partageait pas les vues et théories de Senghor sur la créativité du Noir, sur le spontanéisme dans la création artistique et sur le projet de Senghor de créer une Ecole de Dakar, illustration de la Négritude.  Cependant, son influence au sein de l’école des arts et dans le monde des arts plastiques sénégalais n’a pas été négligeable, d’abord parce qu’il a incarné un autre modèle, non laxiste, de formation artistique ; puis par une influence réelle exercée sur de nombreuses cohortes d’étudiants, dont la maîtrise des techniques de peinture est indéniable, et dont certains sont encore en activité ; parmi eux : Abdoulaye Ndiaye Thiossane, Oumar Katta Diallo, Mamadou Wade, Mballo Kébé, Khalifa Guèye, Boubacar Goudiaby, etc.  Le second maître, Papa Ibra Tall, a séjourné moins longtemps à l’école des arts, qu’il a intégré en 1960, y crée la section « recherches plastiques nègres » et en 1964 l’atelier de tapisserie ; mais à la suite de la création de la Tapisserie nationale en 1966 à Thiès, il quitte l’école pour prendre la direction de cette nouvelle unité.  En 1961, il est secondé par Pierre Lods dans cette section, dans laquelle ils initient une expérience pédagogique originale, fondée sur la liberté des élèves et la non-directivité ; élèves et étudiants ne reçoivent pas véritablement des enseignements, mais y effectuent librement des recherches plastiques, en innovant, en improvisant et en créant librement, selon leur inspiration et aspiration, conformément à leurs inclinations ; le maître n’impose rien ; tout ce qu’il exige, c’est de ne pas copier, ne pas faire de la figuration ; la composition libre était privilégiée.  Cette conception de l’initiation artistique et cette pédagogie rencontraient bien évidemment les vues et théories de Senghor, qui soutenait, avec forte conviction, que l’art nègre traditionnel, c’est-à-dire l’art authentique de l’Afrique noire, n’était pas imitatif et ne recopiait pas le réel observé.  Tall n’a donc pas séjourné assez longtemps à l’école des arts (1960-1966) pour y exercer une influence décisive sur les cohortes d’étudiants ; mais la pédagogie instituée dans sa section a marqué de nombreux artistes.  Plus profondément, c’est à ses options, détermination et action que le pays doit la création d’un art nouveau, la tapisserie, des structures d’art nouvelles (Tapisserie nationale, Manufacture nationale de Tapisserie, Manufactures sénégalaises des Arts décoratifs) et des techniciens en tapisserie (peintres, cartonniers, liciers, etc.).  Après le départ de Tall en 1966, la direction de la section « recherches plastiques nègres » échoit tout naturellement à Pierre Lods, qui y reste jusqu’en 1981 ; il y développe la pédagogie de la liberté et de la non-directivité, de la libre entreprise et de la totale liberté d’initiative, fidèle en cela aux principes et à l’esprit qu’il affirmait et appliquait depuis 1950 à Poto-Poto, quartier de Brazzaville (Congo), dans lequel il avait créé son école d’art et qui avait fait naître l’Ecole de Poto-Poto .  Ainsi, les actions et influences concomitantes et convergentes des idées et des théories de Senghor et de la pédagogie de ces maîtres ont fait advenir l’Ecole de Dakar, qui a animé et dominé la vie des arts plastiques au Sénégal de 1960 à 1980.  Cette Ecole est ainsi tout à la fois un théoricien et idéologue, Senghor, des praticiens pédagogues, Papa Ibra Tall et Pierre Lods principalement, de jeunes artistes en de nombreuses cohortes, une production plastique abondante et un style reconnaissable. 

 

Ecole de Dakar (suite)

L’Ecole de Dakar, c’est également la production plastique, la palette, les formes et la thématique, donc le style. La palette serait gaie, chaude et vive, faite avec les couleurs typiques de l’Afrique : les couleurs chaudes et vives (« couleurs criardes »), telles le blanc, le noir, le rouge, le jaune, le bleu, etc.  Les éléments formels, tels les lignes, les traits, les points, les signes et les symboles, etc., sont abondants dans les œuvres ; ils sont agencés et combinés de manière à produire des formes schématiques, irrégulières et géométriques (formes cubiques, carrées, rectangulaires, etc.), qui elles également créent un style schématique et approximatif, dit « géométrisme ».  La thématique dominante est généralement liée au vécu quotidien des populations, aux mythes et aux légendes, aux croyances et aux réalités passées de l’Afrique profonde et mystérieuse ; d’où les représentations des masques et des statues, des pileuses et des villages, des esprits et des génies, des pangool et de Leuk Daour, de Samba Gueladio et de la lutte, etc.

3. SECONDE PERIODE (1981-1997) : RUPTURE

Même si Agit’Art semble avoir été le phénomène artistique majeur de cette période, il n’en constitue pas le seul ; il est suivi, jusque vers la fin du XXe siècle, par d’autres phénomènes.  Vers la fin des années 70 (1975-1978), donc avant le départ de Senghor, Agit’Art fait irruption dans le monde des arts plastiques sénégalais ; animé par de jeunes artistes, parmi lesquels El Hadj Sy et Issa Samb, ce mouvement prétend défier l’« ordre artistique » qui prédominait jusque-là et que Senghor avait imposé. C’est pourquoi, d’emblée, Agit’Art a été perçu comme le pendant opposé de l’Ecole de Dakar.  En effet, à la différence de cette Ecole de Dakar, de ce qu’elle représentait et imposait, ces jeunes artistes qui se réclament d’Agit’Art se signalent par trois refus : - refus de l’académisme, qui signifie soumission à des préceptes a priori, à des conventions et des normes ;  - refus d’un public apathique ;  - refus de se soumettre à toute forme d’autorité et de force. D’où la volonté nette de se libérer de l’« art officiel » que l’Ecole de Dakar incarnait.  Des innovations, des audaces et des tendances s’expriment et se développent, au même moment où se développaient les initiatives et les diverses activités au sein du Village des Arts implanté dans les mêmes locaux que les écoles des arts.  Ce Village des Arts (1977-1983), occupé de force, sans autorisation ni acte officiel, a marqué la vie et le développement des arts et de la culture dans la ville de Dakar, en devenant, pendant au moins 5 ans, un véritable laboratoire dans lequel artistes plasticiens, musiciens, comédiens, danseurs, cinéastes, écrivains, etc., organisaient régulièrement des expositions, des rencontres, des conférences, des concerts, des représentations théâtrales, etc.  Le début des années 80 est également marqué par l’arrivée d’enseignants, parmi lesquels des coopérants étrangers, et dont les principes pédagogiques étaient différents de ceux de Pierre Lods. Les nouvelles pédagogies marquent une rupture, favorisent et encouragent l’autonomisation et la libération, tant au plan des techniques, des matières d’œuvre qu’à celui de la création proprement dite.  Les techniques mixtes sont de plus en plus utilisées, des matériaux divers comme des supports variés (jute, sisal, tissu, carton, contreplaqué, etc.) sont intégrés, des pigments locaux, des racines et des feuilles sont essayés comme couleurs.  Ces nouvelles pratiques donnent naissance au phénomène de la récupération. L’intégration des matériaux locaux dans l’art se généralise rapidement et, tout en accroissant la liberté et la créativité de l’artiste, elle met fin à la hantise de la pénurie de matériaux et à la tyrannie des matériaux dits nobles (toile, papier, couleurs industrielles, etc.).  La décennie suivante est inaugurée par l’avènement d’un phénomène artistico-social, appelé Set-Setal.  Apparu d’abord à Dakar au cours des vacances scolaires de 1990, le Set-Setal a été un vaste mouvement social et artistique, d’embellissement et d’introduction de la beauté dans les rues, les carrefours, les quartiers et s’est rapidement répandu dans toute la ville de Dakar, jusque dans les banlieues les plus reculées, avant de gagner plusieurs autres villes du pays.  Concrètement, le Set-Setal a consisté à « rendre propre » et à embellir, c’est-à-dire que les rues, les quartiers, parfois les maisons, etc., ont été nettoyés, désensablés, rendus propres, avant d’être peints, décorés, enjolivés, etc. Parfois aux carrefours, des monuments sont érigés, des statues implantées et sur les murs des bâtiments et des maisons des fresques et des portraits géants de notabilités, de héros, de chefs religieux, etc. ; statues, monuments et œuvres diverses étaient souvent faits avec des matériaux de récupération (pneus, bouts de bois, bouteilles, ferrailles, ficelles, cartons, etc.).  La particularité de ce phénomène et sa dimension sociale ont consisté à avoir mobilisé jeunes hommes et jeunes filles, artistes formés à l’école des arts et étudiant, etc., qui, en quelques mois, ont fait de Dakar et des villes du pays des villes embellies, décorées par des peintures sur les murs extérieurs et les chaussées, des fresques et des sculptures, des monuments, des fleurs implantées autour des monuments et aux carrefours, etc., produisant ainsi dans les quartiers des kaléidoscopes colorés et vivants .  Telles que placées à ces carrefours, ces « œuvres » y prennent l’allure de véritables préfigurations des Installations qui vont dominer les décennies suivantes. Car en ces endroits, confectionnées avec des objets divers de rebut, elles se présentent bien comme des assemblages hétéroclites mais organisés et signifiants.  Paradoxalement et sans que le Set-Setal en soit nécessairement la cause, la décennie1990-1999 sera la décennie des Installations, tant au Sénégal qu’en Afrique.  Au Sénégal, les précurseurs en sont Issa Samb, dès les années 80 et Moustapha Dimé, dès 1990 et jusqu’à sa mort en 1998.  Pendant cette courte période (1990-1998), Moustapha Dimé réalise de nombreuses installations, dont il présente quelques-unes dans l’exposition qui lui était spécialement consacrée au Centre culturel français lors de l’édition 1996 de la Biennale de Dakar, où il montre entre autres Les Amis (1996, sculpture-installation : bois, fer et pierre), Danse contemporaine (1995), installation de plusieurs bois, fer et pierre), La Voie divine (1994, composée de tablettes de bois, Alluwa, barres de fer soudées) ; dans ces œuvres, les éléments matériels assemblés sont organisés pour former des ensembles plastiques expressifs ; les techniques utilisées par l’artiste sont la soudure, l’attache et la fixation par clous.  Au cours de cette édition 1996 du Dak’art, les installations, comme genre nouveau, se sont imposées avec force, avec notamment l’installation de l’artiste malien Abdoulaye Konaté : Hommage aux Chasseurs du Mandé (1994, pagne traditionnel teint au rouge et matériaux divers cousus ou attachés : gris-gris, morceaux de tissus, cauris, etc. ; cf. Grand prix Léopold Sédar Senghor de cette édition) et celles du Camerounais Pascal Martine Tayou : Chaussettes universelles (1996), Folie tripale 11 et 12 (1995), etc.  Puis la pratique des installations a évolué rapidement ; il ne s’agit plus essentiellement de sculptures et d’assemblages d’éléments divers ; l’édition 1998 de Dak’art fournit une illustration de cette évolution.

4. TROISIEME PERIODE (1998-2010) : INSTALLATIONS, PLASTIQUES URBAINES ET TECHNO-ARTS

A partir de 2000, l’évolution amorcée précédemment dans la pratique des installations s’accélère ; une rupture radicale s’opère par le recours abondant et généralisé aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. En effet, des œuvres fortes et des nouvelles formes d’installations apparaissent au fur et à mesure que les éditions du Dak’art se succèdent.  Comme par exemple chez Soly Cissé : Témoins de douleurs, 1999 ; Nature morte II, 2001 ; Ndary Lô : Enveloppement, 1999 ; Ñaanal Afric, 1999 ; La Longue marche du changement, 2000-2001 ; Mamady Seydi : Œuvres regroupées. Parole des anciens, 2000.  D’autres artistes sénégalais pratiquent les installations et la situation est telle que désormais, au Sénégal comme ailleurs dans le monde, l’art contemporain est fait avec les installations, même les œuvres réalisées par les techno-arts.  Les installations ont envahi les arts plastiques contemporains, et sénégalais en particulier, de telle enseigne que le secrétariat de la Biennale de Dakar a cru devoir leur consacrer un numéro spécial de son magazine des arts visuels : Afrik’arts, n° 2, 2005, avec comme thématique centrale : « Arts visuels. L’Afrique s’installe », dans lequel toutes les œuvres comme tous les textes portent sur les installations. Ce numéro présente une vingtaine d’œuvres d’artistes africains, parmi lesquels six artistes sénégalais : Moustapha Dimé, Viyé Diba, El Hadj Mansour Ciss, Ndary Lô, Mamady Seydi et Amadou Kane Sy. 

 

Arts Urbains

Puis arrivent, dans la même période, les Plastiques urbaines. Les Nouvelles plastiques urbaines ne constituent pas de nouvelles formes d’art ou de nouveaux genres, mais des expressions des regards que les artistes sénégalais portent sur la ville. En effet, interpellés par les problématiques urbaines, les transformations et mutations sociales et environnementales en cours dans les villes, beaucoup d’artistes sénégalais offrent, dans leur art, leurs perceptions de la ville.  Parmi les premiers à avoir peint et montré ses œuvres sur la ville il y a eu Modou Dieng, qui exposait dès 1999, mais qui s’est exilé depuis lors aux Amériques.  Soly Cissé s’inscrirait dans la filiation des peintres de la rue, menés par l’américain Jean-Michel Basquiat. Sada Dia, à Rufisque, peint les transformations que la mer fait subir à la vieille ville et à ses quartiers, Kheury Kaw et Thiawlène en particulier ; depuis 2003, diverses œuvres se succèdent comme des cris d’alarme : Harmonie marine 1, 2 et 3, 2003 ; Thiawlène, 2003 ; Ville d’Egoût 1 et 2, 2003 ; Wharf de Rufisque, 2004 ; Kheury Kaw Guedj 2, 2006.  Mouhamadou Ndoye Dout’s, bien que jeune artiste sorti de formation il y a à peine quelques années, est désormais consacré comme artiste (cf. prix de l’Union européenne lors de l’édition 2006 de Dak’art) qui s’investit dans son environnement urbain, celui de la Médina et de la Gueule Tapée.  El Hadj Sy également peint les transformations qu’il observe dans la ville de Dakar, notamment dans Le Plateau, où depuis quelques années les nombreux édifices (R + 6 ou R + 8 ou R + 10), construits récemment, sont en voie de défigurer la vieille ville.  Les techno-arts, appelés également arts technologiques ou arts numériques, sont ces nouveaux arts inventés à l’aide des nouvelles technologies. En Occident, ils sont nés vers la fin du XXe siècle, tandis qu’en Afrique, ils vivent leur première décennie.  Chacun d’entre eux est lié à un outil spécifique. Ainsi,  - l’infographie est un art pictural à l’aide de l’ordinateur ;  - l’art vidéo (ou vidéo art ou vidéographie) recourt au magnétoscope ;  - l’holographie recourt au laser ;  - la reprographie recourt aux techniques de la photocopie etc. ;  - l’art spatial consiste à restituer des données scientifiques de l’astronomie en images de qualité esthétique remarquable ;  - l’art mathématique crée des dessins calculés et visualisés sur ordinateur, etc. Dans son ouvrage Créer l’art des Africains, Iba Ndiaye Djadji énumère une dizaine d’arts technologiques.  Au Sénégal, la première manifestation publique de ces nouveaux arts a été l’exposition infographique organisée en 1998 à la Galerie nationale d’art par l’Association sénégalaise d’infographie.  En 2002, le Conseil scientifique de Dak’art inclut un Forum des arts numériques dans le programme de l’édition de cette année.  Au cours de l’édition suivante, en 2004, un laboratoire des arts numériques est monté au CICES.  Dans le cadre de cette Biennale, les techno-arts semblent avoir conquis leur droit de cité. Les œuvres numériques sont en effet quasi permanentes et deviennent de plus en plus nombreuses.  Le Grand Prix Léopold Sédar Senghor de l’édition 2010, remporté par le Congolais (RDC) Moridja Kitenge Banza, en est une preuve. Véritable installation comportant plusieurs parties, l’œuvre comprend un montage de plusieurs dizaines de cuillères à café accrochées à un mur, des billets de banque, le sceau de l’Etat : union des Etats, le drapeau national et une vidéo projetée montrant l’artiste entièrement nu en plusieurs images. Une salle entière a été consacrée au montage de l’œuvre.  Ces nouvelles formes d’art, comme ces nouvelles œuvres d’art procèdent toutes des nombreuses innovations et initiatives que développent les artistes plasticiens contemporains. Toutes choses qui accroissent leur liberté et leur créativité, enrichissant en même temps leur production artistique et permettant évolution et progrès.

 

BIBIOGRAPHIE

GAUDIBERT, Pierre, L’Art africain contemporain, Paris, Diagonales, 1995, 175p  SENGHOR, Léopold Sédar, Liberté 1. Négritude et Humanisme, Paris, Seuil, 1964. 

SYLLA, Abdou, Pratique et Théorie de la Création dans les Arts Plastiques sénégalais contemporains, Paris 1, Thèse de doctorat d’Etat, 1994, 1010 p 

- Arts Plastiques et Etat au Sénégal, Dakar, 1998, IFAN-CAD, 167p.  - L’Esthétique de Senghor, Dakar, Editions feu de brousse, 2006, 263p. 

- Une Passion en Couleurs, Dakar, coédité par A. Sylla, Sidy Seck et Massamba MBaye, 2010, 210 p. 

- Catalogue : An Inside Story .African Art of our Time, Tokyo (Japon), 1995. 

- « Le Mécénat de Léopold Sédar Senghor », Dakar, in Ethiopiques, n° 59,1997. 

- « Le Sénégal et la Tradition plastique africaine », in Où va l’Histoire de l’Art, Paris, L’Image/Ecole supérieure des Beaux Arts, 1997. 

- « Industries culturelles. Nouvelles Tendances », in Aujourd’hui L’Afrique, Paris, n°63, 1997. 

- « Art africain contemporain. Une Histoire plurielle », Paris, Gallimard, in Diogène, n° 184, 1998.  - « Les Collages de Madeleine », Dakar, in Ethiopiques, n°63, 1999. 

- « Senghor et les Arts plastiques », Dakar, in Ethiopiques, n°69, 2002.  - « La Guerre dans Guernica et dans Little Big Horn », Dakar, in Ethiopiques, n° 71, 2003.  -

« Mamadou Wade. Le Métier d’Artiste », Dakar, in Ethiopiques, n° 72, 2004.  - Réinventer les Musées en Afrique », Paris, in Africultures, n° 70, 2007.  - « Les Arts Plastiques sénégalais contemporains. Evolution et Tendances », Dakar, in Ethiopiques, n°s 80 et 81, 2008.  -

« Ibrahima Kébé. Art naïf ou brut ? » Dakar, in Ethiopiques, n° 83, 2009.  -

« Iba NDiaye, entre Africanité et Universalité », Dakar, in Ethiopiques n° 83, 2009.  -

« Moussa Tine. Le cheval, le Baay-Faal et le Savoir », Dakar, in Ethiopiques, n° 85, 2010. [1] Université Ch. A. Diop de Dakar, IFAN

 

Nos artistes ont du talent

Huit (08) artistes renommés ont meublé le Warc de leurs réalisations autour du thème de la paix. Talents à l'écoute d'un monde en mutation

1. L’art africain est religieux.

 L’idée générale est que tout objet d’art africain est lié à des rites religieux, voire à la sorcellerie (les fameux « fétiches »). Ceci n’est que partiellement vrai. En effet, beaucoup de statues sont apotropaïques, la plupart des masques représentent des esprits et nombre de petits objets sont des charmes personnels ou des aides à la divination. Mais à côté de cela, il y a, chez les populations avec des structures politiques centralisées, tout un art de cour qui vise à faire parade de la richesse du souverain ou à justifier sa légitimité dynastique. Et même dans des sociétés acéphales, des personnages importants se font faire des objets sculptés. Le point commun de cet art est l’homme. Dieu n’est jamais représenté, la nature et les formes abstraites rarement. Mais ce n’est normalement pas l’homme ordinaire que nous voyons : c’est l’ancêtre ou l’esprit, les deux pouvant parfois se confondre. Et quand un masque est zoomorphe, ce n’est pas vraiment un animal mais également un esprit.

2. L’art africain est intemporel.

Des cinq demi-vérités que j’évoque, l’idée que chaque ethnie a son style et que celui-ci est invariable est la plus critiquable. Elle repose en fait sur notre ignorance de l’Afrique et de son histoire. L’essentiel du continent n’a été découvert par les Européens que dans la deuxième moitié du XIXe siècle ; en dehors de l’Ethiopie et des régions arabisées, il n’y avait pas d’écriture et beaucoup d’œuvres étaient réalisées en matériaux périssables. Pourtant, là où des études ont pu être faites, on peut donner une profondeur historique à l’art africain. Les recherches archéologiques (et les fouilles sauvages), en particulier au Mali et au Nigéria, ont mis à jour des chefs d’œuvre en terre cuite et en bronze. Sur les périodes plus récentes aussi, on a pu, dans quelques cas, mettre en évidence des évolutions stylistiques rapides. L’art n’est donc pas statique, une incessante reproduction des modèles précédents. L’artiste innove mais nous ne possédons plus l’historique de cette évolution, la plupart des œuvres qui nous sont parvenues datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècles. 1. Christophe Evers est collectionneur d’art africain, il préside l’Association des Amis du Musée Royal de l’Afrique Centrale, il a publié en 2003 un petit ouvrage intitulé Art of the Upper Benue River sur cette région du Nord-Est nigérian. 2. Avec notamment la publication en 1915 d’Afrikanische Plastik de Carl Einstein. 3. J’encourage en particulier le lecteur à visiter l’exposition Persona sur les masques africains, actuellement au Musée Royal de l’Afrique Centrale

 

3. L’art africain est un instrument de conservatisme social.

A l’inverse, la notion que l’art africain a vocation à préserver la tradition et donc contribue à maintenir l’ordre établi est une simplification proche de la réalité. C’est l’évidence même pour les arts de cour ou destinés aux chefs. Mais beaucoup de masques et de statues de culte sont orientés sur la reproduction sociale. Ainsi dans de nombreuses régions du Congo, les masques interviennent dans les cérémonies d’initiation des adolescents, destinées à leur enseigner les mythes fondateurs et les normes morales. Dans plusieurs ethnies, il y a des sociétés secrètes qui utilisent les masques pour faire respecter l’ordre social et réprimer les comportements déviants. Cependant, ce conservatisme n’est pas nécessairement un support du pouvoir en place ; au contraire, beaucoup de sociétés masquées agissent, si pas comme un contre-pouvoir, du moins comme un instrument de contrôle politique. Par ailleurs, à l’instar de notre carnaval, les mascarades peuvent aussi être l’occasion de critiques et de moqueries.

4. L’art africain est en bois.

Il est vrai que l’essentiel de l’art plastique africain traditionnel est de la sculpture sur bois. Mais localement, la terre cuite, l’ivoire ou le bronze ont été utilisés avec virtuosité. Dans les arts appliqués, il y a régionalement une grande maîtrise du tissage, de la vannerie et de la forge. L’architecture, qui a largement disparu, nous est encore connue par des photos et des descriptions de l’époque coloniale ; elle a produit des formes étonnantes et quelque fois des bâtiments de relativement grandes dimensions. Par contre, la peinture est un art inexistant dans les cultures traditionnelles. A la limite entre les arts plastiques et ceux du spectacle, la décoration du corps est particulièrement riche avec des coiffures très complexes, des peintures corporelles et surtout des scarifications, marquages de la peau par la création de kystes artificiels qui composent des motifs identitaires. Finalement, la musique, la danse et la littérature orale sont des disciplines peu connues des Européens mais très présentes dans la vie traditionnelle.

 

Dignes héritiers des arts contemporains

A la découverte de la créativité africaine, cette première au Sénégal devrait nous connecter au marché globalisé. Leur contribution à la civilisation de l'Universel est au bout du pinceau, du crayon, ou du bouton presssoir. Une autre vision du monde

 

"L'ART, VECTEUR DE PAIX"

Phase 1 : Ebauche de lancement de la plateforme V2A: Un panel a réuni au West African Research Center (WARC) de Dakar, samedi 4mai 2019, journalistes, écrivains et plasticiens autour du thème : "Industries cuturelles à l'ère nuumérique". En marge de l'exposition de peintures    "100 DAGA" et de la remise du 1er prix pour la paix   -Effectif-

Phase 2 : Juillet  2019. Finalisation du livre blanc sur le sujet susmentionné. Conférence de presse une semaine après transmission aux principaux concernés. -Effectif

Publication internationale en ligne en Août-septembre.

Phase 3 : Décembre 2019-Janvier 2020. Lancement officiel de la Plateforme V2A. Mise en ligne du site professionnel avec les artistes adhérents et les produits phares.

Symbole de paix, de soidarité et de respect de la nature, la statuette "Jamma Gën" -la paix seulement en langue wolof-, représentant l'étreinte de deux oiseaux hybrides (mi-outarde, mi-colombe), est une création de Sea Diallo, plasticien Sénégalais de renommée internationale. Partie prenante au projet V2A, Sea est peintre, sous-veriste, céramiste et sculpteur. Il est joignable au Vilage des Arts de Dakar...

LE PRIX DE LA "PAIX" AU GENERAL MANSOUR SECK

La plateforme en gestation, "Village virtuel des arts africains" (V2A) a décerné, samedi 4 mai 2019, le trophée Jérusalem de la ’’Paix" à l’ancien chef d’état-major général des armées (CEMGA) et ancien Ambassadeur du Sénégal aux Etats-Unis, le général Mansour Seck. Le même prix est également destiné à l’Abbé à la retraite, Jacques Seck. V2A a ainsi voulu récompenser leur contribution à la paix et au dialogue entre les communautés. Le Général Mansour Seck, a reçu son trophée, un oiseau en bronze intitulé +Diamaguen+, sculpté par l’artiste Séa Diallo, des mains de l’ambassadeur d’Israël au Sénégal, Roi Rosenblit, parrain du trophée. Selon le comité d’initiation, le trophée du lauréat Abbé Jacques Seck absent à la rencontre, lui sera remis plus tard. (…). "Quand on faisait des propositions autour de personnalités, le nom du Général Mansour Seck est souvent revenu. Le comité a pensé à notre armée très républicaine, le Général Seck est un homme de dialogue, de concorde et d’entente, il est tellement humble aussi", explique le journaliste-écrivain Fara Samb, membre du comité. Concernant l’Abbé Jacques Seck, "son ouverture à toutes les communautés" a prévalu, a-t-il dit. "Abbé Jacques Seck parle à toutes les communautés, il n’a pas de préférence que ce soit pour les imams, les prêtres, les guides traditionnels, etc., il leur parle le même langage de paix, de cohérence et d’entente", a-t-il justifié. Le Général Seck "représente le Sénégal, un pays de paix, de téranga qui contribue en plus grand nombre de soldats pour les opérations de maintien de la paix pour les Nations Unies", a estimé pour sa part, le diplomate israélien, Roi Rosenblit. "Le militaire fait la guerre quand on lui donne l’ordre, c’est le politique qui décide. Le militaire du fait qu’il connait les dégâts des balles et les destructions matérielles et humaines ne peut être que pacifiste", a souligné le général Mansour Seck qui se dit être "surpris" par cette cette récompense "symbole de la paix". L’idée de célébrer les figures emblématiques découle d’un projet plus global qui vise à inscrire la plateforme "village virtuel des arts africains" (V2A) dans le marché mondial des arts, selon Séa Diallo, l’un des membres. Initiée par Fara Samb, la plateforme regroupe des journalistes, des écrivains, des artistes. Une exposition sur le thème "L’art vecteur de paix, les enfants d’abord !", et un panel sur "Les industries culturelles à l’ère du numérique", ont été organisé lors du lancement de cette plateforme.

(Avec FKS/ASB (APS) – Dakar, 5 mai 2019)

 

A la découverte de l’art africain à travers cinq demi-vérités

 

par Christophe Evers 

Cela va faire 100 ans que l’Occident a commencé, lentement, à reconnaître la sculpture africaine comme un art 2. Aujourd’hui après un long combat, les arts dit « premiers » ont fait leur entrée au Louvre, de plus en plus d’expositions3 et d’ouvrages font avancer leur connaissance et les prix dans les salles de vente internationales font la une des magazines. Cette reconnaissance est donc accomplie. Néanmoins, très souvent encore, cet art n’est connu qu’à travers des conceptions simplificatrices, voire dénigrantes. L’objectif de cet article est d’en débusquer quelques-unes.